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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 07:21

Effet de neige à Eragny de Camille Pissarro est un dépôt du Musée d'Orsay et c'est l'oeuvre du mois de février 2011 du Musée des Beaux-Arts de Dijon.

 

Pisarro - Effet de neige a Eragny





Pisarro - Effet de neige a Eragny (11)





Pisarro - Effet de neige a Eragny (09)





Pisarro - Effet de neige a Eragny (16)

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 07:45


David - Psyche abandonnee (01)


La Psyché abandonnée de David, retrouvée seulement en 1991 et appartenant aujourd'hui à un collectionneur privé, a servi d'affiche, avec Le cauchemar de Füssli, à l'exposition du Louvre "L'Antiquité rêvée". En général, elle a fait sensation, et comme je lui ai consacré un long commentaire sur le blog Louvre-passion, je me suis dit "Autant faire d'une pierre deux coups". D'où cet article.


Tout d'abord, un petit résumé de l'histoire de Psyché, issue de la mythologie grecque, puis romaine. Psyché était la fille d'un roi, tellement belle que la déesse Vénus en ressentit une terrible jalousie et ordonna à son fils, Cupidon (Eros, ça en jette plus, à mon avis, mais les peintres néoclassiques utilisaient les noms romains) de la rendre amoureuse de l'être le plus monstrueux qui soit (on voit que Vénus n'était pas à prendre avec des pincettes). Or, Cupidon, qui n'avait rien d'un putti joufflu mais se présentait plutôt comme un superbe jeune homme, se blessa avec la flèche qu'il avait décoché à Psyché : il en tomba donc amoureux. Suite à quoi un oracle ordonne au père de Psyché de l'abandonner sur un rocher pour qu'elle y soit enlevée et emmenée par le monstrueux époux qui lui est destiné (sans quoi s'ensuivront des catastrophes). Psyché est alors abandonnée à son triste sort, soit : emmenée par Zéphyr dans le palais de  Cupidon. Celui-ci la rejoint à la nuit mais refuse de se laisser voir  et lui fait promettre de ne jamais tenter d'en savoir plus. Il la quitte avant l'aube  ; et ainsi, de nuit en nuit, la situation contente en fait assez bien Psyché (je laisse votre imagination travailler toute seule), jusqu'à ce qu'elle reçoive la visite de ses soeurs. Celles-ci, fines mouches, découvrent bientôt que Psyché ne connaît pas l'identité de son époux et l'incitent à l'observer à la dérobée ; ce qu'elle fait (ah, l'idiote, elle n'avait donc pas lu Barbe-Bleue ?). Comme dans ces cas-là, les choses tournent généralement mal, c'est exactement ce qui va se passer ici : pendant que Cupidon dort, Psyché se saisit d'une lampe à huile et le regarde (et elle est plutôt satisfaite du spectacle) ; mais elle fait couler une goutte d'huile sur l'épaule de Cupidon, qui s'éveille aussitôt et, furieux, l'abandonne (cest précisément ce passage qui est illustré ici par David.) Résolue à retrouver celui qu'elle aime, Psyché accepte de passer tout un lot d'épreuves concoctées par Vénus, qui la déteste plus que jamais. Elle triomphe de toutes, sauf de la dernière qui se déroule aux Enfers et à cause de laquelle elle se trouve plongée dans un sommeil léthal. Mais alors, Cupidon, qui avait été emprisonné par sa mère, Vénus, s'échappe et réveille Psyché. Leur mariage est alors célébré sur l'Olympe et Psyché accède à l'immortalité en buvant l'ambroisie.


Venons-en au tableau de David. On ne sait pas  de source sûre s'il est fini ou non. Il semblerait que oui, puisqu'il apparaît dans les catalogues des oeuvres de David, qui ne concernaient que les oeuvres finies. De plus, il l' a cédé de son vivant, alors que, d'après ce que j'ai compris, il ne cédait jamais un tableau inachevé (cf. le Portrait de Mme Charles-Louis Trudaine, au Louvre, qui, lui, est inachevé). Mais (car il y a un mais), d'un autre côté, David n'a jamais voulu l'exposer. Donc un doute subsiste sur son état d'achèvement, même s'il est en général considéré comme achevé. Ce caractère achevé ou non du tableau est important, parce qu'il conditionne toute son interprétation.

En effet, seuls le visage et les mains sont "finis" ; même les petits cheveux dans le cou de Psyché donnent l'impression d'être à l'état "d'esquisse". Tout le reste de la toile (corps, rocher, ciel, etc.) présente ce sentiment d'inachevé, car la touche frottée, si typique de David (mais qui, paradoxalement, n'apparaît d'habitude que dans les fonds et disparaît sous une facture lissée) est très apparente. Là encore, je renvoie au Portrait de Mme Charles-Louis Trudaine qui présente le même aspect (et lui donne ce côté "moderne" si frappant), mais sur toute la toile ; ce qui est normal, puisque, en l'occurence,  c'est un tableau inachevé. Donc, si David a voulu cette opposition entre parties lissées et parties en touche frottée apparente (ce qui, je le répète, est exceptionnel chez lui), c'est peut-être qu'il a voulu donner corps au sentiment d'absence et d'abandon ressenti par Psyché (elle vient d'être abandonnée par Cupidon, son époux); en effet, la touche frottée donne un effet de transparence à tout son corps, et c'est un peu comme si elle était en train de disparaître peu à peu, son visage et ses mains restant les dernières traces d'elle encore ancrées sur terre (d'où ce grand ciel bleu derrière elle, d'un bleu complémentaire à l'ocre du rocher). D'ailleurs, cette transparence, cette évanescence qui prend possession de Psyché correspond bien également au geste de ses mains, qui se referment sur le vide.

De plus, bien que ça ne soit pas visible ici, et même difficilement sur une reproduction en pleine page A4, Psyché a les larmes qui affleurent aux yeux, et cela aussi, c'est quelque chose d'assez exceptionnel chez David. Certes, il était le chantre des vertus viriles et chez lui (comme chez les autres néoclassiques, d'ailleurs), la femme n'est que victime qui pleure ou s'évanouit dans un coin (exception faite des Sabines). Il a toujours exalté l'héroïsme contre le sentiment et ses personnages, masculins surtout, sont assez inexpressifs. Mais, si là aussi nous avons une femme au statut de victime larmoyante (on se refait pas), la part belle est justement donnée au sentiment, à l'expressivité. Tout ça fait de ce tableau une oeuvre vraiment à part de David, qui tempère, à mon sens,  le néoclassicisme pur et dur qu'on lui connaît et dont il a été le maître incontesté.


Je vous renvoie à l'album de l'exposition, qui m'a largement inspirée pour cet article. Pour finir, je tiens à faire remarquer que toute cette analyse serait battue, du moins partiellement, en brèche, si le tableau s'avérait finalement être inachevé.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 07:06

  Gerome - Pollice verso


Gérôme se serait écrié à Naples, devant un casque de gladiateur exposé dans un musée : “Tous les peintres, tous les sculpteurs sont venus ici, ont vu cela, et pas un n’a songé à refaire un gladiateur”. C'est ainsi qu'il introduisit une thématique nouvelle en peinture, celle des jeux du Cirque. Quatre de ses tableaux relèvent donc de ce sujet, Dernières prières des martyrs chrétiens (1863-1883) et La rentrée des félins traitant des exécutions de prisonniers chrétiens, tandis que Ave Caesar, Morituri te salutant (1859) et Pollice verso(1872) –probablement l'œuvre la plus connue de Gérôme - abordaient le thème des combats de gladiateurs.


On retrouve dans
Pollice verso cette impression de vérité et (paradoxalement ?) cette manipulation des images qui sont le propre de l'œuvre peint de Gérôme. Certes, mécontent des erreurs commises dans Ave Caesar, Morituri te salutant (l'équipement des gladiateurs s'y révélant un peu fantaisiste), il avait poussé davantage, pour Pollice verso, le souci de l'exactitude archéologique. Pourtant, si on mène une petite analyse du tableau, il est notable que les erreurs ne manquent pas… Si le rétiaire (le gladiateur vaincu à terre) est représenté correctement, dépourvu de casque mais muni d'un galerus (protection d'épaule), d'une manica (protection de bras), d'un filet et d'un trident, il en est  autrement pour le Mirmillon (le gladiateur vainqueur en position debout). En effet, si ce dernier est identifiable à son casque décoré d'un poisson et à sa manica à motifs d'écailles*, il porte deux ocreae (jambières), une courte et une haute, ainsi qu'un petit bouclier rond. Or, le Mirmillon était en réalité équipé d'un grand bouclier rectangulaire (c'était un combattant défensif) et d'une seule ocrea courte à la jambe droite (seuls les hoplomaques et les Thraces en portaient deux, qui, elles, montaient jusqu'aux cuisses). De même, l'arène où se déroule le combat, comme dans les autres tableaux traitant des jeux du Cirque, est issue d'un mélange entre le Colisée et le Circus Maximus. Quant à la présence de gladiateurs morts, s'il est vrai que plusieurs combats se déroulaient en même temps, on peut raisonnablement douter que leurs collègues allaient  jusqu'à piétiner leurs corps… Enfin, rien n'atteste que le geste du pouce renversé ait jamais existé (je me suis adressée à des passionnés de gladiature qui m'ont expliqué que cette idée relevait de mauvaises traductions de deux auteurs latins). On voit donc que l'exactitude historique n'est pas ici réellement respectée. Mais c'est que Pollice verso est avant tout d'une redoutable efficacité narrative et dramatique ; et pour ça, on peut bien tordre un peu le cou à l'Histoire.

Comme dans ses tableaux "orientalistes", où il donnait à voir un Orient sensuel et fantasmé, c'est Rome dans tout ce qu'elle a de plus cruel, morbide et fascinant que Gérôme met en scène dans ce tableau. Il a choisi de représenter l'un des spectacles les plus sanglants de l'Antiquité (du moins c'est la vison, plus ou moins erronée, que nous en avons généralement) et, dans ce spectacle, l'instant où la tension est à son comble : non pas l'exécution du rétiaire, mais, le moment où celui-ci, à terre et vaincu par le Mirmillon, reçoit le verdict de la foule : la mort. Mort qui est déjà omniprésente, sous la forme de cadavres de gladiateurs à la peau déjà grise et  étendus sur le sable ; le rétiaire est d'ailleurs tombé sur l'un d'entre eux, que le Mirmillon piétine carrément. Et pour mieux impressionner son public, Gérôme, par son cadrage, plonge celui-ci directement dans l'arène, sous le velum transpercé par quelques (superbes) rais de lumière, le condamnant à attendre avec les combattants le verdict des spectateurs déchaînés. Ceux-ci font tous le geste du pouce abaissé, qui, je le disais plus haut, n'a pas existé à l'époque des jeux du Cirque  ; mais c'est justement avec ce geste qu'on peut prendre toute la mesure du talent de Gérôme et de sa faculté à créer des images fortes : car c'est ce tableau qui a popularisé le geste du pouce abaissé et a marqué notre imaginaire collectif, au point que, encore aujourd'hui, nous le rattachons au signal de mise à mort des gladiateurs vaincus.



* Pour ce qui est du poisson qui ornait le casque et des motifs d'écailles sur la manica, je ne suis vraiment pas certaine de leur existence dans l'équipement du Mirmillon. Le problème est que le tableau de Gérôme a justement véhiculé cette image du Mirmillon et que je ne sais pas jusqu'à quel point elle est inexacte. Je n'ai personnellement pas trouvé de photo de casque de mirmillon avec un poisson.



Monument a Gerome (01)
Gérôme, pour sa première sculpture, a tiré son sujet de Pollice verso et en a représenté les deux protagonistes, le rétaire et le Mirmillon. Après sa mort, son gendre a réutilisé cette sculpture et y a ajouté la figure de l'artiste (oui, drôle d'idée, ma foi...) pour en faire un monument funéraire. Ce qui fait que la sculpture d'origine n'existe plus vraiment...



Voir aussi l'article suivant :
Rétrospective Jean-Léon Gérôme au Musée d'Orsay


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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 07:08

La toilette d'Esther

Andromède attachée au rocher par les Néréides

Apollon et Daphné

 

 

 

Chassériau - Esther se parant

 

 

 

 

 

Chassériau - Andromède attachée au rocher par les Néréides

 

 

 

 

 

Chassériau - Apollon et Daphné

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 07:09

Portrait de la Reine Marie Leszczinska

d'après Jean-Marc Nattier

Musée des Beaux-Arts, Dijon

 

 

Nattier (d'après) - Portrait de la Reine Marie Leszczinska

 

 

Ce tableau est une copie d'un original de 1748 de Jean-Marc Nattier, actuellement conservé au Château de Versailles. Nattier fut un célèbre peintre du XVIIIème siècle, spécialisé dans le portrait, membre de l'Académie et portraitiste officiel de la famille d'Orléans, puis de la cour de Louis XV.

 

Ce portrait n'a rien d'un portrait officiel, bien au contraire. La Reine y est représentée dans ses appartements, vêtue d'une robe à usage quotidien, bien que d'une grande qualité. On lui a d'ailleurs souvent reproché son manque de coquetterie, ce à quoi elle répondit, paraît-il : " Je n'ai pas besoin de robes quand les pauvres n'ont pas de chemises ".

 

C'est une Marie Leszczinska déjà délaissée par son mari que nous voyons (elle a eu dix enfants et est âgée de 45 ans, ce qui était vraiment vieux pour une femme de l'époque), et qui cherche refuge dans les arts (elle peignait d'ailleurs des aquarelles et se comporta en mécène) et la religion. Ce portrait est à l'opposé de celui de Louis XV (portrait officiel) peint par Van Loo et également exposé au musée.

 

 

Outre l'original conservé au Château de Versailles, il existe plusieurs versions de ce portrait, parfois avec des cadrages différents. On en trouve notamment un au Musée Cognacq-Jay à Paris.

 

 

 

 

La photo n'est pas bonne du tout, elle comporte beaucoup trop de grain, j'en suis désolée. Malheureusement, entre l'obligation d'utiliser une haute sensibilité, la nécessité d'éviter les reflets et la qualité de mon appareil, je ne peux pas faire mieux, même après retouches.

 

 

 

Voir aussi l'article suivant :

Marie Leszczinska (1)

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 07:52

  Pierre-Narcisse Guérin - Jeune fille en buste

Elisabeth-Louise VIGÉE-LE BRUN - La comtesse Skavronskaia

Antoine-Jean Gros - Mme Pasteur



            Guérin - Buste de jeune fille

 

 

 

 

 

                                        Vigee-Le Brun - La comtesse Skavronskaia


 

 

 

 

                                                                      Gros - Mme Pasteur

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 07:15

 

Girodet - Autoportrait

 

 

Anne-Louis Girodet (1767 - 1824) a été l'un des élèves les plus célèbres (et les plus doués) de Jacques-Louis David. Il a cependant pris ses distances par rapport à son maître et navigué, durant toute sa carrière, entre néoclassicisme et préromantisme (L'Apothéose des guerriers français morts pour la patrie lorgne même du côté du symbolisme) ; il a d'ailleurs écrit à ce propos : " Je tâche de m'éloigner de son genre le plus qu'il m'est possible et je n'épargne ni peines, ni études, ni plâtres. "

 

Cet Autoportrait est bien représentatif de ce qu'on pourrait prendre pour un paradoxe (mais qui n'en est pas vraiment un, néoclassicisme et préromantisme s'étant complétés plutôt qu'affrontés). En effet, on y retrouve de nombreux éléments néoclassiques, comme le fond uni, la frise et la céramique antiquisantes, jusqu'à la présence du compas dans la main de l'artiste (l'artiste néoclassique, chantre de la ligne et du dessin, se doit de tracer des formes parfaites). En revanche, on est loin des personnages volontairement dénués d'expression des portraits de David. Au contraire, Girodet se représente résolument en homme de caractère (les sourcils sont légèrement froncés, le regard déterminé). Enfin, le crâne dégarni du sujet ne cadre pas tout à fait avec les exigences du beau idéal de la peinture néoclassique, dont la vocation était de représenter le corps dans sa perfection (et par conséquent, pas dans sa réalité).

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 07:56

 

Nord de la france - Portes du Tresor de l'Abbaye de St Bert

 

 

 

 

 

Nord de la france - Portes du Tresor de l'Abbaye d-copie-3

 

 

 

 

 

Nord de la france - Portes du Tresor de l'Abbaye d-copie-1

 

 

 

 

 

Nord de la france - Portes du Tresor de l'Abbaye d-copie-2

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 07:22

Le Sultan du Maroc Mulay-Abd-er-Rahman recevant le comte de Mornay, ambassadeur de France

 

 

Delacroix - Le Sultan du Maroc entouré de sa garde

 

 

 

 

Cette petite  huile sur toile de 1832 est une esquisse pour le tableau intitulé Mulay-Abd-er-Rahman, sultan du Maroc, sortant de son palais de Méquinez, entouré de sa garde et de ses principaux officiers, actuellement exposé au Musée des Augustins à Toulouse et qui s'intègre dans les oeuvres de style orientaliste de Delacroix.

 


En 1832, le comte Charles de Mornay, envoyé par le roi Louis-Philippe au Maroc en mission diplomatique, propose à Delacroix de l'accompagner. Une fois parvenue à Meknès, la délégation française est reçue en grande pompe par le sultan. Delacroix écrira : " Il reçoit son monde à cheval lui seul, toute sa garde pied à terre. Il sort brusquement d'une porte et vient à vous avec un parasol derrière lui. Il est assez bel homme. Il ressemble beaucoup à notre roi : de plus la barbe et plus de jeunesse. " Lors de cette audience, Delacroix a dû se limiter à un rapide croquis, complété plus tard par de nombreuses études et notre esquisse. Le tableau a, quant à lui, été peint treize ans après le voyage au Maroc, en 1845.  

 

 

Les dimensions de l'esquisse (31 cm x 40 cm) n'ont rien à voir avec celles, imposantes, du tableau final (3,77 m x 3m40). De plus, la composition de ce dernier a été recentrée sur le personnage du sultan. Quant aux couleurs éclatantes du tableau (la réputation de coloriste de Delacroix n'est évidemment plus à faire), elles explosent littéralement dans l'esquisse (il est à noter que ce qui ressemble au soleil couchant est en fait le parasol tenu au-dessus de la tête du sultan).

 

 

Ce voyage au Maroc (durant lequel il passe par Marseille, Tanger, Alger, avant d'arriver à Meknès) a profondément marqué Delacroix.  Il a littéralement été ébloui par la lumière de l'Afrique, et c'est là qu'a véritablement commencé à germer sa réflexion sur la couleur. Il y a également puisé des sujets pour plusieurs tableaux restés célèbres, dont Femmes d'Alger dans leur appartement (1834) et en a rapporté des carnets de textes et de croquis, souvent rehaussés à l'aquarelle, et devenus fameux depuis.

 

 

Pour conclure, j'ajouterai qu'il aurait été impensable, du temps de Delacroix, qu'une esquisse fait pu être présentée aux yeux de tous (et encore moins au salon de l'Acdémie) ; et si ça avait été le cas (ce qui est purement hypothétique), donc, en supposant, disais-je, que ça ait été le cas, elle serait sans doute passée pour un infâme barbouillage (par ailleurs, les oeuvres de Delacroix provoquaient déjà suffisamment de scandales de son vivant, nul n'était besoin d'en rajouter). Mais aujourd'hui, à une époque où les conservateurs exposent les esquisses sans vergogne, on ne peut qu'être frappée par la modernité de cette peinture, qui se révèle bien plus avant-gardiste que sa version finale.

 


 

Tableau Le sultan du Maroc entouré de sa garde au Musée des Augustins : http://www.augustins.org/images/photos/43_063_380.jpg

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