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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 07:00

Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer à quoi ressemble ma superbe (le mot n'est pas trop fort, je pense) carte d'auditeur 2011-2012 de l'Ecole du Louvre. Voici le chef-d'oeuvre en question :

 

Carte_EL_20120001-copie-1.jpg

 

Non, mon scanner n'est pas en cause ; toutes les cartes des auditeurs en régions (du moins ceux de Dijon, mais je ne pense pas que nous ayons eu droit à un traitement de faveur) ont la même tronche. Auparavant, nous avions des cartes sans photo, pas vraiment belles, mais, disons... acceptables (enfin c'étaient juste des bouts de papier avec notre nom, quoi). Mais cette année, grande nouveauté : l'Ecole du Louvre a exigé que nous fournissions une photo (avec la menace de ne pas procéder à notre inscription si la photo manquait au dossier). Qui oserait dire aujourd'hui que ça ne valait pas le coup ? Certainement pas moi.

A croire qu'il arrive parfois que l'Ecole du Louvre ne craigne pas de porter atteinte à son fameux prestige (ce que je n'aurais pas cru possible). Du coup, si on en restait aux bonnes vieilles listes d'émargement, ça ne serait peut-être pas plus mal... Surtout vu l'utilité de la chose ; on ne nous la demande pas à l'entrée et, d'ailleurs, j'ai perdu la mienne l'année dernière sans que ça gêne le service culturel le moins du monde (et on ne risque pas de l'encadrer)...

Cependant, m'est avis que les auditeurs de Paris ne recevoivent pas ce genre de cochonnerie, eux !

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 07:00

Terrassée par la grippe fin février, j'ai eu bien du mal à me sortir de mon état de zombie enchifrené. Pour m'occuper, j'ai dû, par conséquent, avoir recours à des divertissements peu coûteux en ressources cognitives. Relire mes vieux albums de Babar et des Barbapapa s'est, à ce titre, révélé judicieux. Me lancer dans la série des P'tites poules, beaucoup moins. A priori, on pourrait penser que des livres que l'on conseille à des enfants âgés de 6 ans auraient dû convenir à mon état de convalescente. Que nenni ! Bien au contraire, je me suis retrouvée précipitée au bord de ce terrible gouffre que l'on nomme avec effroi "surcharge cognitive" (ah ben oui, ça faisait longtemps que vous n'y aviez pas eu droit, fallait bien vous y attendre, hein) et je n'en suis pas ressortie indemne. Car je n'avais pas mesuré - honte à moi - toute l'intelligence des deux auteurs, qui jouent sans cesse sur les différents niveaux de lecture et mêlent à leurs histoires pour enfants jeux de mots et références culturelles de tout ordre (historiques, cinématographiques, littéraires, picturales, scientifiques, et j'en passe). Dont l'une n'a pas laissé de m'étonner.

 

Car voyez-vous, en (re)lisant Un poulailler dans les étoiles, je suis tombée sur ça :

 

Ptites poules Clair de lune

 

Je m'interrogeai alors : était-ce la fièvre qui me faisait délirer ou s'agissait-il bien d'un clin d'oeil à... Munch ? La réponse en image :

 

Munch - Clair de lune (01)

 

Non, je ne rêvais donc pas, Christain Heinrich avait bien glissé un hommage au Clair de lune d'Edvard Munch dans l'album. Par la suite, c'est-à-dire en lisant l'album suivant, Le jour où mon frère viendra, je me suis aperçue que le dessinateur des P'tites poules aimait vraiment beaucoup Munch :

 

Ptites poules Cri

 

Voilà, tout ça pour dire que cette série d'albums jeunesse est un vrai délice pour petits et grands. Sur ce , je vous laisse découvrir tout seuls les autres - et nombreuses - subtilités qu'elle recèle. Bonne lecture !

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 07:00

C'est en écoutant France Culture (mais oui, mais oui, j'écoute France Culture) et en réalisant qu'Eric Troncin, critique d'art, était aussi co-directeur du Consortium (centre d'art contemporain à Dijon) que je me suis souvenue de ce grand moment de ma vie. Fin 1994, j'ai participé à une espèce de happening (il me semble que c'est le terme le plus approprié pour qualifier la chose en question) au Consortium de Dijon. L'artiste qui devait présenter une installation, Philippe Parreno - il ne semble pas improbable qu'il vous soit totalement inconnu - avait choisi d'exposer les traces d'une fête. Bon, pourquoi pas, il n'y a pas de mauvais sujet et celui-là me semble pouvoir générer un certain nombre de réflexions ; on pourrait même facilement donner dans le glauque et le méditatif à partir de là.


Mais voilà, Philippe Parreno n'avait que cette seule et unique idée en tête : organiser une fête et donner à en voir, à partir du lendemain, les reliquats. Ca s'arrêtait tout simplement là. Comment allait-il s'y prendre ? Et bien, il ne le savait pas (ce qui prouve, à mon avis, qu'il n'y avait aucune réflexion de sa part sur le sujet). D'après Eric Troncy, qui n'était pas encore co-directeur du Consortium en 1994, voilà ce qui se serait passé : "Environ 400 personnes invitées lors de promenades dans la rue, de discussions occasionnelles, se sont confrontées à la proposition de diverses activités, énumérées dans Snow Dancing, un livre, à la fois scénario et commentaire de l’événement". Je suppose qu'Eric Troncy n'était pas présent pour le happening (à savoir : la fête en elle-même) et pas très au courant de sa préparation (ou alors c'est qu'il s'est montré d'une totale mauvaise foi dans son article). Parce qu'en réalité, Philippe Parreno a frappé à la porte de l'Ecole des Beaux-arts et des cours d'arts plastiques donnés par la municipalité ; c'est comme ça que je l'ai rencontré. Promenades dans la rue et discussions occasionnelles, tu parles ! Une fois que nous avons été gentiment assis en face de lui, il nous a exposé le concept de départ, qui tenait par conséquent en trois phrases (et encore) et nous a demandé de lui donner des idées. Donc, en gros, il était payé pour le travail fourni par des petites mains bénévoles. Pour ma part, je ne me suis pas sentie lésée, car je n'ai émis aucune idée à voix haute - ou à voix basse - en fait, pas une seule idée, intelligente ou pas, ne m'a alors traversé l'esprit - en cela, j'étais en parfaite synchronisation avec Philippe Parrreno.

 

Bon, il fallait tout de même un peu de monde à cette fête (en effet, nous n'étions pas nombreux à vouloir aider Philippe Parreno), donc on y a convié la quasi-totalité des étudiants dijonnais. Outre qu'il n'était déjà pas évident de faire tenir tout ce beau monde dans un lieu aussi petit que le Consortium, quelqu'un avait eu la brillante idée de rétrécir encore un peu plus l'espace, ce qui faisait ressembler l'entrée à une rame de métro à Paris un jour de grève. Et toute cette agitation pourquoi ? Pour marcher sur de la mousse à fleurs artificielles avec des chaussures qui comportaient des semelles à messages, se faire couper les cheveux (en fait, c'était pas des vrais cheveux, mais des perruques qu'on se  mettait sur la tête) et tout un tas d'activités passionnantes dans le même genre. Activités auxquelles, c'est bien connu,  chacun se livre dans des fêtes publiques ou privées (ben ouais, marcher sur de la mousse à fleurs artificielles, c'est carrément courant en soirée). Dans cet environnement quelque peu ingrat, ne voilà-t-il pas qu'une amie et moi décidons d'écrire un petit mot sur le mur, histoire de nous occuper et de laisser une trace un peu plus personnelle (enfin, on voulait juste écrire notre nom, rien de trop intellectuel). Ne voilà-t-il pas que le directeur du Consortium - Xavier Douroux, pour ne pas le nommer - nous tombe dessus en clamant  : " C'est interdit de faire ça ! ". Stupeur de notre part... C'est alors que nous avons compris que, s'il s'agissait pour nous de laisser des traces, il était nécessaire de se conformer à des règles extrêment strictes, qui interdisaient toute spontanéité et créativité (non pas que ce que nous allions écrire sur le mur s'apparentait particulièrement à de l'art, mais, pour le coup, ça ne pouvait pas être plus stérile que tout ce qui s'était fait dans la soirée). Depuis, j'ai un grand regret : ne pas avoir envoyé valser Xavier Douroux  (j'étais trop jeune pour oser). Par exemple, en lui rétorquant : " Et si vous aviez trouvé Basquiat en train de graffer, vous auriez appelé la police ? " (ah, ah, ça lui aurait certainement cloué le bec, à ce pédant ; sauf qu'à l'époque, je n'avais jamais entendu parler de Basquiat. Bon, c'est un détail). Ou alors, j'aurais pu me bourrer la gueule et vomir dans toutes les salles. Chiche que je le fais la prochaine fois que je mets les pieds au Consortium !

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 07:00

Wolverine (03)

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie de couple, c'est déjà pas toujours une sinécure. Alors, quand, en plus, vous ne partagez pas les mêmes centres d'intérêt, ça peut vite tourner au cauchemar. De mon côté, je me suis mise aux animes japonais, à jouer à Warcraft III, à Dead or alive et même (pendant environ 10 mn) à Left for dead (c'est un jeu de tir où vous êtes assailli par des hordes de zombies, j'ai frôlé la crise cardiaque). Je suis même temporairement devenue accro à World of Warcraft. J'ai regardé des documentaires scientifiques. Des films de super-héros et des comédies romantiques (pas trop souvent, les comédies romantiques, parce que je déteste ça). Réciproquement, mon Jules a lu mes BD, m'écoute parler de littérature et a patiemment supporté de regarder les adaptations cinématographiques de Orgueil et préjugés et Raison et sentiments (il aime les films romantiques, mais pas en costumes. C'est pour moi une énigme), il est allé voir (avec plaisir) Minuit à Paris. Il a visité Bruges et Bruxelles. Mais il n'aime ni les beaux-arts, ni les musées.

J'arrive cependant à le traîner de temps en temps dans différents lieux. Comme je le connais assez bien, il m'arrive parfois d'avoir la main heureuse, comme avec les sculptures de Carriès au Petit Palais. Le plus souvent, cependant, son attitude oscille entre résignation détachée et ennui profond. Régulièrement, j'ai droit à des commentaires qui me rendent complètement dingue (devant un Kandinsky, par exemple), dans le style : "C'est des carrés et des cercles. Génial". Ce qui n'est pas une si mauvaise analyse formelle... Mais qui me rappelle désagréablement cette réplique de Wolverine dans le Cerebro (X-Men, 1er volet) : "C'est grand, c'est rond, c'est bien" - Wolverine ne représentant pas le summum de l'homme civilisé, vous en conviendrez tous.

Pour vous convaincre de mon malheur, une petite anecdote... Lorsque je l'ai emmené au musée d'Orsay, il a été très peu intéressé, que ce soit par le bâtiment (pourtant magnifique) ou par les oeuvres (qui, somme toute, ne sont pas mal non plus). Et je ne saurais traduire exactement ce que j'ai ressenti - quelque chose comme un subtil mélange d'exaspération, de honte et d'amusement -  à l'instant où, planté devant Le déjeuner sur l'herbe de Manet et entouré d'une horde de touristes en extase, il a simplement lancé à la ronde : "C'est moche" (imaginez un peu ma tête). Dieu merci, la plupart, sinon la totalité des personnes qui nous serraient de près ne parlait pas le français ; ce qui s'avéra fort heureux : certains se sont faits lyncher pour moins que ça. Toujours est-il que j'admire sa capacité à faire montre d'une telle insouciance...

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 07:00

Mon cerveau fonctionnant au ralenti ces derniers temps, j'ai beaucoup de mal avec les articles habituels du blog. Donc, je vais faire dans l'anecdote, ça me reposera les neurones (si j'en ai encore). Vous me direz que je vous ai déjà fait le coup il n'y a  pas si longtemps avec Orsay m'a tuer et que je suis vraiment une horrible flemmarde. Ce qui n'est pas faux. Mais d'une manière ou d'une autre, il vous faudra faire avec.

Ca fait un petit moment que je traîne parmi les amis des musées de Dijon et force m'est de constater, après toutes ces années de visites thématiques, d'oeuvres du mois, de conférences Ceci ou Cela (enfin j'exagère, je ne fais pas tant de trucs que ça depuis aussi longtemps ; en fait, je n'allais pas aux conférences avant fin 2010, mais ça fait mieux dans mon article), donc, disais-je, après toutes ces années, force m'est de constater que je suis dotée d'une pénible particularité : je n'entre pas dans les tranches d'âges requises  (20-25 ans et 60-90 ans) pour avoir le droit de participer  à ce genre d'activités sans devoir me justifier. Donc, je me vois régulièrement obligée de répondre à la question suivante " Vous êtes étudiante ? "

Alors là, petit apparté. En fait, j'ai 39 ans, mais les gens pensent en général que j'en ai 29, voire 30, parfois carrément 25 ou 26. On pourrait penser que c'est agréable. Mais, en réalité, ça compense très mal le fait que :
1) lorsque j'avais 15 ans, on me disait " Pas possible, je t'en donnais 12 ! " (imaginez le traumatisme pour une pauvre ado)
2) on me réponde immanquablement depuis des années et des années : " Pas possible, tu en fais / vous en faites à peine 26/27/28/29/30 ! ", et que je sois immanquablement obligée de répliquer " Ben si, j'ai 36/37/38/39 ans ", faute de trouver une répartie plus pertinente.
Fin de l'aparté.

Donc, régulièrement (assez souvent, en fait), on me demande si je suis étudiante (je suis bien consciente que c'est une manière comme une autre d'engager la conversation) et je réponds " Non, j'ai 39 ans ", ce qui est assez mal venu, puisque, comme on me l'a fait remarquer une fois, on peut étudier à n'importe quel âge. Bref. Il se trouve qu'un jour qu'on m'assénait une variante de " Vous êtes étudiante ? " sous la forme de " Vous êtes stagiaire ? " et que je répondais par la négative, on m'a aussitôt rétorqué d'un ton péremptoire  : " Mais vous êtes doctorante ! " Ah. Bon. Alors, je sais bien que je suis extrêmement étourdie, mais était-il vraiment possible que j'aie oublié que j'étais en train de préparer une thèse en Histoire de l'art ? Ca me paraissait tout de même hautement improbable (à moins que je sois victime d'un dédoublement de la personnalité). D'un autre côté, cette dame avait l'air tellement sûre d'elle et bien renseignée que j'ai eu, pendant un bref instant, quelques doutes. Puis je me suis dépêchée de la détromper par un "Ah... mais... euh... en fait, non". Elle m'a regardée d'un air soupçonneux, a eu l'air de réfléchir, puis a finalement décidé de changer de sujet. J'ai eu la pénible impression de ne pas l'avoir tout à fait convaincue (et, par là-même, de passer pour une vile menteuse). Déjà que je n'avais pas la cote avec mes 39 ans...

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 07:00

Petite anecdote en lien avec l'exposition Manet du  Musée d'Orsay

 

Alors voilà. Un jour d'avril, j'arrive comme une fleur au musée d'Orsay, en pleine exposition Manet, avec l'intention d'aller voir Une ballade d'amour et de mort (expo sur les préraphaélites et la photographie). Il se trouve qu'en général, je ne paye pas l'entrée dans les musées nationaux (et donc pas l'entrée pour le musée d'Orsay), ainsi que dans la plupart des expositions (ce que j'apprécie fort, au demeurant). Mais je ne fais pas pour autant partie des personnes munies de billets coupe-file et autres laissez-passer. Donc se pose pour moi régulièrement la question, concernant les expositions en particulier, de savoir si je dois passer par les caisses ou non, si je dois prendre ma place dans telle file d'attente ou dans une autre. Par exemple, pour la rétrospective Odilon Redon au Grand Palais, l'agent d'accueil m'a aimablement laisser entrer avec les "coupe-file" (il est vrai qu'il n'y avait pas beaucoup de monde, car c'était à l'ouverture) ; mais je me suis rendue compte, avec le recul et, surtout, forte de ma pénible expérience au Musée d'Orsay, qu'il m'avait fait une très gentille fleur.

Donc, pour aller voir Une ballade d'amour et de mort, et sachant que j'étais entrée récemment sans encombre (et, surtout, sans file d'attente) à la rétrospective sur Gérôme, je ne m'étais pas trop inquiétée. Ce qui est d'une naïveté incroyable de ma part : il était évident que l'exposition Manet allait générer beaucoup plus d'entrées, donc beaucoup plus d'attente. Mais j'étais – presque -persuadée (quelle idiote, quand j'y pense) que le musée d'Orsay était suffisamment bien organisé pour ne pas mélanger les personnes venues spécialement pour Manet et les autres – c'est-à-dire les gens venus voir l'expo sur les préraphaélites, celle sur Mahler, ou bien encore (après tout, pourquoi pas ?) les collections permanentes. Résultat : grosse grosse désillusion.

A 14h30 environ, il y avait une bonne file d'attente – ce qui était prévisible - pour accéder à la porte A (traduction : le porte pour le visiteur lambda). Cette porte donnant visiblement accès aux caisses, je me disais que, avec de la chance, je n'aurais pas à passer par là. Je vais donc m'enquérir de la démarche à suivre dans mon cas particulier auprès d'un agent d'accueil, qui, très aimablement, et ne sachant pas me répondre, me conseille d'aller poser ma question à son collègue officiant devant l'autre file d'attente (celle des "coupe-file" ; je ne sais pas si je suis bien claire), celle qui mène à la porte C (et qui permet de ne pas passer en caisse). Le personnage en question était beaucoup moins aimable… Je demande poliment si, étant donné mon cas, je dois attendre dans la file pour la porte A. Il réfléchit (ou fait semblant de réfléchir) quelques secondes, puis me répond : "Oui". Bon. Je lui demande s'il en est sûr (il avait l'air d'avoir répondu au hasard, en fait), en lui précisant que je n'ai pas besoin de passer en caisse. Là, il me répond : "La liste est là", en me désignant du menton un panneau indiquant quel genre de public avait le droit d'accéder à la porte C. Effectivement, je ne correspondais pas aux exigences indiquées sur ledit panneau.

Dépitée, je me retourne vers les vitres du musée, où je vois inscrit en gros "Bénéficiaires de la gratuité – Porte C". Ah ça mais ! Etant justement bénéficiaire de la gratuité, la logique voulait donc que je passe par la porte C. D'un autre côté, la liste inscrite sur le panneau indiquait bien que je ne pouvais pas accéder à la porte C. Que fallait-il en penser ? J'étais toute perplexité quand une nouvelle information vint parasiter encore davantage mon cerveau : c'était un panneau indiquant "Exposition Manet – Porte A". Bon, bon, bon. Est-ce que ça voulait dire que l'accès à la porte A n'était réservée qu'aux personnes venues voir l'exposition Manet et devant passer en caisse ? Et donc que les autres visiteurs pouvaient passer par la porte C ? Peut-être suis-je un peu lente d'esprit (à ma décharge, je précise qu'il faisait assez chaud, ce jour-là, et que la chaleur limite mes ressources cognitives), mais tout ça était tout de même de nature relativement contradictoire. Je vais donc m'assurer auprès de l'agent d'accueil de la file d'attente pour la porte C que l'accès à la porte A n'est pas réservée à l'exposition Manet - plus pour le côté intellectuel de la chose que dans l'espoir d'entrer avec les coupe-file. Là, il prend un air terriblement excédé, lève les yeux au ciel et grogne quelque chose du genre "Grmmmmbbbblgrmmmbbbbllllgrrrmmmbbbl", et qui voulait sans aucun doute dire "Fichez-moi la paix, espèce de folle". Bon.

Au point où j'en étais, j'avais encore moins envie d'attendre, sous le soleil cinglant, dans la file pour la porte A qu'au moment où j'étais arrivée. J'étais fatiguée. J'avais soif. J'en avais assez du musée d'Orsay avant même d'avoir passé la porte (oui, mais laquelle, au fait ?). J'allais repartir pour d'autres horizons quand j'ai avisé le premier agent d'accueil que j'avais rencontré – celui qui était aimable (ce qui n'est pas si courant à Orsay) – j'aurais dû le demander en mariage, cet homme est une perle, en fait. Je lui dis que j'ai bien compris que je dois passer par la porte A, mais que tout ça n'est pas très clair et que son collègue n'a pas vraiment pris la peine de m'expliquer le pourquoi du comment. Eh bien figurez-vous que pendant que je m'emmerdais avec le stupide agent de la porte C, celui de la porte A était allé se renseigner sur mon cas. Et m'a donc finalement expliqué, ainsi qu'à un étudiant à qui se posait le même problème qu'à moi  et qui venait de me rejoindre,  que le musée d'Orsay n'ayant pas prévu d'ouvrir une entrée spécifique en cas de grosse exposition (et donc de public beaucoup plus nombreux) , les visiteurs se divisaient en deux files : ceux qu'il a appelés les "passe-droit", et tous les autres, qu'ils soient venus pour l'exposition ou pas. C'est bien la preuve d'un grand sens de l'organisation de la part de la direction du musée, mais ce qui m'a exaspérée encore davantage, c'est que l'agent d'accueil de la porte C, à qui ça aurait pris trente secondes de m'expliquer ça, a préférer se montrer désagréable et grogner.

Bref, je suis finalement allée au Centre Pompidou, où je n'avais pas mis les pieds depuis… eh bien, disons, depuis un certain temps. Mais comme j'ai dû marcher sous la chaleur jusqu'à la station de métro Palais-Royal et que cet imbécile d'agent d'accueil m'avait énervée et fait perdre du temps, je suis arrivée d'assez mauvaise humeur (ce qui explique que j'étais dans un état d'esprit assez moyen à la rétrospective Othoniel : cf. Jean-Michel Othoniel - My way - Musée national d'art moderne, Paris (1) ). Mon lit, avec son côté conte de fée et retour à l'enfance, m'a quand même sortie de ma bouderie. Et Dieu merci, il y a quelque chose qui a un effet plutôt lénifiant sur l'esprit au Centre Pompidou : c'est Kandinsky. Vous pouvez vous asseoir sur un banc (certes, pas très confortable) devant Accent en rose et rêvasser tout à loisir (même si, c'est bien dommage, on ne peut pas s'affaler comme devant les Sabines de David au Louvre), ça vous remet des émotions – négatives – générées par Orsay et une partie de son personnel.

 

Kandinsky - Accent en rose

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 07:08

Bonne année à tous !

 

  Bonne annee 2011

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