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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 07:00

 

Kusama - Soul under the moon (01)

 

Je suis partagée entre plusieurs sentiments à propos de cette rétrospective de Yayoi Kusama au Centre Pompidou. Ai-je aimé, n'ai-je pas aimé ? A première vue, j'en suis plutôt revenue déçue et très agacée. Mais je suis bien consciente que c'est surtout le verbiage pompeux des textes concoctés par le musée qui m'ont prodigieusement énervée, au point de me gâcher l'exposition. Du coup, j'ai envisagé d'y retourner pour une seconde visite en faisant complètement abstraction des textes en question, mais, faute de temps, ça s'est révélé impossible. Je conserve donc de cette rétrospective une impression de doux-amer.

Ce qu'on peut relever à coup sûr, c'est que Yayoi Kusama a exploré beaucoup de facettes de l'art. Elle a commencé par une peinture de type surréaliste (assez influencée par Miro, d'ailleurs), elle s'est attaquée aux monochromes, elle a travaillé en séries, elle a utilisé des objets de rebus pour travailler la sculpture et - surtout - elle est allée plus loin que beaucoup d'artistes avec ses installations. Qui sont bien plus que des installations, en fait. Un des problèmes que j'ai rencontrés pour apprécier certaines de ses oeuvres, c'est mon manque de références en art contemporain ; je l'ai particulièrement et cruellement ressenti devant les monochromes. Etant incapable de resituer le travail de Kusama, ne connaissant quasiment rien aux artistes et aux oeuvres qui ont compté dans ce domaine, j'étais bien incapable de comprendre - et, pour le coup, d'apprécier - ce que je voyais. Quant aux séries d'objets domestiques hérissés de phallus, si j'en saisis (ou si je crois en saisir) la symbolique, leur vue m'a rappelé immanquablement (comme à tout le monde, je pense) Louise Bourgeois et laissé un léger goût de déjà-vu. Mais là encore, je n'aurais su préciser si Yayoi Kusama s'était montrée précurseur (existe-t-il un féminin à "précurseur" ?) en la matière. Je regrette que les commissaires d'exposition se soient montrés aussi soucieux de faire les malins avec leurs insupportables textes et n'aient pas privilégié une approche plus "pédagogique" de l'oeuvre d'une artiste qui, je pense, n'est pas connue du grand public (je me rends d'ailleurs compte que j'ai ressenti à peu près l'inverse à l'exposition sur Munch).

 

Kusama - Dots Obsession (01)



En revanche, je me suis indubitablement retrouvée sous l'emprise des "environnements". Ce que Yayoi Kusama appelle des environnements, ce sont (plus ou moins) des installations complètement immersives, des espaces où le visiteur entre et se fond complètement. Dans les environnements de Kusama, on devient une partie de l'oeuvre - et, en cela, son travail est non seulement novateur mais exceptionnel. S'il y a bien une chose qui m'a souvent semblé frustrante dans le rapport qu'on peut entretenir avec les oeuvres d'art, c'est l'impossiblité d'aller au-delà de la contemplation, voire de l'analyse : on est, la plupart du temps, confronté à une barrière qui nous relègue au statut de spectateur. Fluxus, entre autres, s'était heurté à cette limite et même  les installations n'ont pas aboli cette frontière, ou ne l'abolissent que rarement. J'avais beaucoup aimé l'installation After the dream de Chiharu Shiota, justement à cause de ce sentiment de pouvoir pénétrer dans l'univers onirique de l'artiste (univers qui devenait un peu le nôtre) qu'elle provoquait, mais  Kusama va plus loin. Ici, il est important de préciser que la légende veut que Yayoi Kusama, lorqu'elle était enfant, ait soudain vu, alors qu'elle était à table, les fleurs rouges de la nappe se multiplier sur le plafond, les murs, le sol, et, enfin, sur elle-même. Ses environnements en sont la prolongation ; la première oeuvre avec laquelle nous sommes d'ailleurs confrontés dans cette rétrospective est une résurgence directe de cette expérience infantile (si elle a bien eu lieu) : une salle à manger plongée dans la pénombre et recouverte de pois de couleurs. Deux autres environnements sont également présents, l'un qui nous plonge dans un univers complètement hallucinatoire, où notre reflet déformé nous est sans cesse renvoyé, l'autre qui nous précipite en plein cosmos. Malheureusement, le Centre Pompidou a réservé un sort assez funeste à ces environnements, qui apparaissent comme très étriqués - ce qui va complètement à l'encontre de ce que recherche Yayoi Kusama. Et voilà que je viens d'apprendre que j'aurais pu les découvrir dans des conditions bien meilleures, puisqu'en 2001, une exposition entièrement consacrée aux environnements de Yayoi Kusama a été présentée au Consortium. A Dijon. A 10 mn de chez moi. Stéphanie, pauvre idiote...

 

Kusama I m here but nothing (01)

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 07:00

 

Affiche

 

Je ne peux décemment pas dire que j'ai été déçue par cette exposition, parce que j'avais été plus ou moins préparée à ce que j'allais y découvrir - ou, plutôt, à ce que je n'allais pas y découvrir. J'ai en effet assisté sur Facebook à quelques échanges qui tournèrent petit à petit au vinaigre, entre une visiteuse extrêmement sévère (mais, de mon point de vue, à juste titre) vis-à-vis de l'évènement et d'autres visiteurs, apparemment passionnés par le sujet traité, et dont les avis prenaient des allures de dithyrambe. Les seconds accusaient, bien à tort, la première d'avoir mal lu le titre, assurant que celui-ci était bien : La Macédoine antique. Ce qui se trouve être complètement faux, le titre est bel et bien Au royaume d'Alexandre le Grand, La Macédoine antique faisant office de sous-titre. Personnellement, j'aurais eu très envie de répondre à ces gens : "Allez-y, prenez-moi pour une conne !" et je pense d'ailleurs que la jeune femme en question était assez proche de cet état d'esprit. D'où la tournure un peu aigre que prit la discussion. Bref.

 

Ce n'est par uniquement par souci d'introduire de l'anecdotique dans mes articles - tentant ainsi de charmer sournoisement mes lecteurs et lectrices - que je traite du titre de l'exposition. Loin d'être anodin, le sujet me préoccuppe quelque peu et la fatigue me gagne chaque jour davantage devant la politique de communication racoleuse des grands musées, qui confine à la publicité mensongère. Car, comme Oscar Wilde n'est guère présent dans l'exposition Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde du musée d'Orsay (mais c'est un exemple parmi d'autres), il n'est que très peu question d'Alexandre le Grand dans celle du Louvre. Certes, la Macédoine antique est un sujet très intéressant. Certes, les visiteurs ne sont pas censés être stupides au point d'aller voir une expo sans se renseigner un minimum à son propos (encore que ne soit stupide que la stupidité). Mais enfin, lorsqu'on me colle le nom d'Alexandre le Grand sous le nez, je suis forcément alléchée par le nom et la légende qui s'y rattache et, croyez-le ou non, mais, pour le coup, j'ai envie qu'on me parle d'Alexandre le Grand (sous-titre ou pas sous-titre). Bon, ben là, j'en suis restée pour mes frais.

 

Cependant, comme je l'écrivais en début d'article, j'étais préparée - bien que déçue - à cet état de faits et je me disais que, après tout, l'exposition se révèlerait peut-être plaisante, le Louvre laissant entendre qu'on allait y découvrir de merveilleux objets. Ah ah ah, laissez-moi rire (jaune) !  La moitié des pièces exposées appartiennent au Louvre, ce qui signifie que, si vous fréquentez le musée de temps en temps, vous les avez déjà vues un certain nombre de fois. Je ne suis personnellement pas une obsédée du Département des antiquités greques et romaines, mais je les apprécie suffsamment pour y passer régulièrement du temps ; autant dire que je n'ai pas découvert grand-chose. Quant aux autres pièces, si elle proviennent du musée de Thessalonique, elle sont, en gros, identiques à beaucoup de pièces du Louvre. Du coup, là non plus, rien de neuf. Je n'ai d'ailleurs pas compris comment des personnes visiblement passionnées par la Macédoine antique et s'étant rendues sur les lieux avaient pu se contenter de ce qu'on leur avait donné à voir - alors, oui, j'utilise de temps en temps ce terme, "donner à voir", parce qu'il est très prisé des historiens de l'art et que ça fait très classe dans un article. Mais je peux aussi vous donner du "Il se fait jour...", "Ce sont les machins qui sont ici convoqués", "Truc a retenu la leçon de Cézanne", "Bidule réactive ceci", etc., etc. Fin de l'aparté, j'en reviens à mon sujet. Donc, le seul intérêt de cette exposition, à mon sens, ce sont les textes, qui traitent non seulement de l'histoire de la Macédoine antique, mais aussi des fouilles archéologiques de cette région. Je peux concevoir qu'on prenne du plaisir à parcourir cette expo, mais franchement, le Louvre ne s'est pas trop trop foulé et, à mon avis, autant prendre un bouquin sur la Macédoine et s'installer tranquillement au coin de la cheminée... (pour ceux qui en possèdent une. Ce qui n'est pas mon cas.)

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 07:00

J'ai finalement assez peu de choses à dire sur cette exposition, sinon qu'elle s'est révélée à mes yeux très décevante, pour la bonne raison qu'elle a été uniquement conçue pour les porteurs d'audioguides. Donc des objets présentés avec des cartels minimalistes, indiquant leur nom, mais pas leur fonction. Ce qui se serait pourtant révélé bien utile puisqu'il s'agissait essentiellement d'objets fonctionnels. Et choix d'autant plus contestable que le prix de l'entrée est fixé à 11 € pour le tarif normal et 9 € pour le tarif réduit. Autre déagrément (mais on a malheureusement l'habitude de ce genre de choses) : l'expo est bourrée de monde et on se marche dessus. J'ai d'ailleurs noté que presque personne ne profitait de son billet pour aller explorer le musée.

J'en ai juste retenu deux choses : que la sexualité à Pompéi "se conjuguait au masculin" et qu'on a "parlé à juste titre de "sexualité de viol". Ce qui ternit un peu l'image d'une Pompéi "moderne", qui connaissait les joies de l'eau courante (mais non potable, cependant, personne n'étant parfait) et du chauffage central... Ce qui m'a amusée d'autre part, c'est l'omniprésence de phallus dans la vie quotidienne, sous bien des formes, dont des amulettes (qu'on pouvait suspendre au cou des enfants, entre autres) et des objets à suspendre dans la maison : en effet, le phallus était considéré comme une protection efficace contre le mauvais oeil. J'ai vraiment regretté de n'avoir pas pu prendre de photos (je n'ai d'ailleurs pas compris pourquoi cette interdiction, les objets relevant de collections publiques), mais j'ai tout de même trouvé cette reproduction d'un objet assez particulier présent dans l'exposition : un phallus avec un arrière-train de félin, des ailes, quatre grelots, une queue (ah ben oui) en forme de phallus, et, enfin, muni d'un pénis en érection. Voyez vous-même :

 

Phallus (01)

 

Pour me consoler un peu, je suis allée faire un tour au musée (bien que je n'aime pas tellement Maillol. Et là, dans une salle où pratiquement personne ne mettait les pieds, dans un recoin obscur, je suis tombée sur une lithographie de Redon. Et non des moindres, puisqu'il s'agit de L'araignée. J'ai pu prendre tout mon temps pour en profiter (ce qui n'avait pas été le cas lors de l'exposition du Grand Palais, comme vous vous en doutez bien). Je considère que j'ai donc été largement dédommagée de mes peines !

 

Redon - Araignee (01)

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:00

Etant dijonnaise, il ne serait peut-être pas mauvais que je me penche un peu sur ce qui se passe dans ma ville. Je vais donc m'attaquer à l'exposition de Nathalie Reba et il était temps), mais assez brièvement, parce qu'écrire sur une artiste vivante et émergeante s'avère particulièrement difficile pour moi (en effet, pas de références sur lesquelles m'appuyer).

A voir cette expo, on pense forcément à un moment ou à un autre à Odilon Redon, et pas seulement à cause de la technique utilisée pour certaines oeuvres (à savoir la gravure) en noir et blanc. Les clins d'oeil sont manifestes, notamment dans la reprise du motif de la tête humaine pourvue d'ailes. Et l'on fait d'autant plus la rapprochement avec Redon que Nathalie Reba partage avec lui un thème obsédant : l'hybridation. A partir de là on pourrait gloser à loisir sur la symbolique de ces oeuvres, ce que je ne vous infligerai pas - en fait, je n'ai rien de très intelligent à dire sur le sujet, si ce n'est la reprise d'une phrase écrite par quelqu'un d'autre sur le cahier de la galerie à propos de l'expo : "C'est nos tripes qu'on voit sur les murs". Il s'agit par conséquent d'oeuvres assez choquantes (mais pas au sens moral du terme), parfois même un peu glauques. Ah oui, j'ajouterai que Nathalie Reba est souvent portée sur les thèmes type orifice anal ou orifice sexuel : elle va assez droit au but, mais non sans une certaine dose d'humour.

A voir donc (vite, car l'expo se termine le 13 octobre). C'était la première fois que je mettais les pieds à la Galerie Nü Köza, qui est pourtant située à côté de chez moi. Du coup, je vous invite vivement à vous y rendre, ne serait-ce que parce que c'est peut-être la seule galerie de Dijon qui n'expose pas des horreurs. A voir, et , éventuellement, à acheter : à 90 / 100 € la gravure, c'est plutôt abordable.

Je ne peux malheureusement pas publier de photos, je vous laisse à vos moteurs de recherche...

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 07:00

Juliàn Lineros est un photographe colombien. Sa série Escuelas de guerra paramilitares (2002) est consacrée à l'entraînement des nouveaux AUC (Autodéfenses Unies de Colombie), milice d'extrême-droite qui recrute entre autres des enfants.
Bon, c'est évidemment beaucoup moins impressionnant en tout petit sur un blog qu'en grand format sur les quais de la Seine. La boue donne notamment l'apect de véritables statues aux participants à l'entraînement, ce qui est beaucoup moins accentué dans ma présentation. C'est bien dommage, car ce qui fait en grande partie l'intérêt de cette série, c'est ce qui lui donne sa force.

 

Lineros - Escuelas de guerra paramilitares (03)

 

 

Lineros - Escuelas de guerra paramilitares (05)

 

 

Lineros - Escuelas de guerra paramilitares (06)

 

 

Lineros - Escuelas de guerra paramilitares (07)

 

Comme je suis assez déçue du résultat, je vous incite à vous rendre ici où vous trouverez des photos d'une meilleure qualité. Mieux encore, si vous en avez la possibilité, allez les voir le long du quai Branly. Grandeur nature, ça change vraiment tout.

 

Photoquai, 3ème biennale des images du monde
Quai Branly
du 13 septembre au 11 novembre 2011

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 07:00

 

Ecuelle polychrome a couvercle et anse en forme de tete de

 

La foule s'est pressée tout l'été à cette exposition qui ne pouvait pas manquer d'attirer du monde - quoi de plus mythique, en effet, que les Mayas et leurs cités perdues ? Est-ce que cela valait la peine pour autant de souffrir durant deux ou trois heures dans les files d'attente  (Dieu merci, je n'ai pas eu à subir ça) ? Certainement pas.

Non pas que cette expo soit ratée. Elle est relativement agréable - si l'on fait exception des désagrémants inévitables dûs à l'affluence. Mais, conçue pour un très grand public, elle ne présente les Mayas qu'au travers de grandes généralités - généralités qui sont déjà relativement familières à qui a un tant soit peu approché le sujet. En découle ce qui peut s'avérer un gros avantage : aucune surcharge cognitive en vue (ah oui, il faut vous y habituer, "surcharge cognitive" fait partir de mon vocabulaire courant). Mais avec pour conséquence quelques effets négatifs.

Tout d'abord, il s'agit d'une exposition consacrée aux Mayas du Guatemala, souvent moins connus que leurs voisins du Mexique - encore que Tikal compte sans conteste parmi les cités mayas les plus célèbres. Mais jamais dans l'expo il n'est question des spécificités des Mayas alors installés sur les territoires aujourd'hui guatémaltèques. On sait pourtant que l'environnement auxquels ils étaient confrontés différait considérablement, par exemple, de celui du Yucatan.

Ensuite, aucun historique, aucun état des lieux des fouilles archéologiques au Guatemala (ce que, personnellement, j'aurais aimé trouver). Là aussi, Dieu sait pourtant que l'histoire de la découverte et de l'étude des cités mayas à travers les siècles se révèle passionnante.

Enfin, le lien entre les thèmes évoqués dans chaque salle (religion, agriculture, guerre, etc.) et les objets en vitrines qui sont censés leur être associés est loin de s'avérer évident. Certes, certains d'entre eux sont de toute beauté, mais illustrent-ils vraiment l'histoire des Mayas, telle que le Quai Branly a choisi de la présenter ?

 

Jarre a effigie zoomorphe (08)

 

Dernier reproche (mais non le moindre) : l'exposition ne rend absolument pas compte de l'art essentiellement architectural et monumental des Mayas ; on passe donc à côté de la magie de cette culture, à côté de cet aspect qui a fasciné tant de missionnaires, d'illustrateurs, d'archéologues amateurs ou professionnels. Cependant, je ne suis pas complètement sotte : j'ai bien conscience qu'il aurait été assez complexe, pour le Quai Branly, d'obtenir le prêt de pyramides, stèles et autres gigantesques panneaux stuqués - puis d'installer tout ça dans les toutes petites salles de la Mezzanine Est. C'est pourquoi je me montrerai magnanime avec le musée sur ce dernier point (il faut parfois savoir lâcher du lest, et j'ai suffisamment râlé pour aujourd'hui) !

 

Encensoir tripode zoomorphe (14)

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 07:00


Bocios (01)

Pour ceux qui penseraient que je suis toujours d'humeur grognon, voire cynique, voici un article qui vous prouvera qu'il m'arrive de me montrer enthousiaste.

L'exposition de la Fondation Cartier s'est consacrée aux origines du vaudou en présentant des bocios issus des pays de la "côte des esclaves" d'Afrique occidentale (Togo, Bénin, Nigeria). C'est d'ailleurs par le biais de la traite des esclaves que ce culte religieux, qui est également une tradition philosophique, s'est étendu aux XVIIème et XVIIIème siècles jusqu'à Haïti et au Brésil, notamment (pour ne citer que les plus célèbres exemples d'implantation géographique du vaudou).

Pour faire simple, les bocios sont des sculptures destinées à agir en tant qu''intermédiaires entre le monde visible et le monde spirituel et peuvent être utilisés dans une optique "négative" aussi bien que "positive" - il semblerait que le socle  de la statuette prenne alors une forme différente selon le but que l'on se propose d'atteindre. Ils peuvent donc être servir pour protéger une personne (par exemple pour la prémunir contre certaines maladies), aussi bien que pour nuire (exemple : pour imposer le silence à quelqu'un sur un sujet sensible). Sculptés dans le bois, les bocios sont composés d'éléments hétéroclites, parfois difficiles à identifier et dont certains apparaissent régulièrement : corde, bec de canard, cadenas, récipient, sang, etc. Un bocio ne peut être confectionné que par un devin, à la demande d'un commanditaire. Il doit ensuite être caché et recevoir des soins réguliers pour être en mesure de remplir sa fonction. A noter : lorsqu'un bocio "négatif" est commandé, le devin prévient la personne concernée par le rituel. C'est une démarche qui a en quelque sorte la fonction de terrifier l'individu en question, de le mettre en condition afin de faciliter le travail du bocio.

Bocios (03)

La particularité de cette exposition tient à son sujet : les rituels vaudous ne sont connus que des initiés et il est donc périlleux de donner une interprétation des bocios, d'autant que chaque élément utilisé est chargé d'ambivalence ; à première vue, on pourrait penser, par exemple, qu'un bocio qui représente un personnage ligoté se veut nuisible. Ce qui n'est pas forcément le cas, la corde pouvant avoir une portée symbolique négative aussi bien que protectrice. On ressort donc de la Fondation Cartier avec plus de questions qu'en y entrant, ce qui, à mon avis, représente la grande réussite de cette exposition. A approcher ces figures pommadées, soignées, mais aussi tordues, enchaînées, baillonnées, on ne fait qu'effleurer l'univers des bocios et le vaudou y gagne même en mystère : ce qui, personnellement, m'a très bien convenu.

La scénographie, par Enzo Mari, n'est pas d'une grande originalité, typiquement à la "Quai Branly" (couleurs sombres, lumières tamisées), mais ce choix d'un espace d'exposition obscur sert finalement bien le sujet. En revanche, je suis un peu plus sceptique par le parti-pris concernant la médiation. Rejetant les inévitables textes explicatifs placardés sur les murs, la Fondation Cartier a choisi de faire appel à des médiateurs (en fait, essentiellement des médiatrices) que le public est invité à consulter au hasard de ses découvertes. Peu réceptive à ce  concept au début, je me suis finalement prise au jeu - d'autant que j'ai fini par dégoter une médiatrice parfaitment adorable. En revanche, mes trois compagnons n'avaient, eux, aucune envie d'aller courir dans tous les sens pour poser des questions, comme d'ailleurs la majorité du public. Reste donc la consultation du document d'aide à la visite, qui, pour intéressant qu'il soit, demeure insuffisant et rend ladite visite un peu laborieuse. Probable que la Fondation Cartier, au public très branché, ait voulu instaurer une ambiance conviviale avec ce type de démarche. Pas sûr que le but ait été atteint, mais pour une fois qu'on demande aux visiteurs de participer un peu plus activement que d'habitude à une expo, je ne vais pas me plaindre ! Cela dit, il n'aurait sans doute pas été inutile de numéroter les bocios présentés en vitrines (d'autant qu'ils le sont sur le plan présent dans le document d'aide à la visite). Tout le monde - y compris les médiateurs - doit donc compter les vitrines pour repérer le numéro de celle concernée, puis se référer au plan avec les numéros, et enfin au texte correspondant dans le document. Procédé moyennement fonctionnel...

Bocios (02)

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 07:00


Paris - Delhi - Bombay


Il ya des jours où tout est moche, moche, moche. Le jour où je me suis ennuyée à mourir à l'exposition sur l'épée (cf. mon précédent article ici) , je suis aussi allée voir Paris – Delhi – Bombay. Bien mal m'en a pris, car je m'y suis également copieusement emmerdée. Ce qui ne m'a pas empêchée (et je reconnais que ça peut paraître étrange) d'y retourner. Je tiens à préciser que, si on ne m'y a pas contrainte au sens strict, je n'ai effectué cette seconde visite que parce que j'accompagnais des gens - je ne suis pas entièrement masochiste - et il faut bien reconnaître que l'effet en a été plutôt bénéfique (enfin, si je veux être exacte, il faut préciser que parmi les deux personnes qui étaient avec moi, l'une est entrée avec enthousiasme dans l'espace d'exposition, tandis que j'y ai quasiment traîné l'autre de force). De là à conclure que Paris – Delhi – Bombay a fini par me plaire, il y a une marge.

Bref, pour entrer sans plus tarder dans le vif du sujet, je dirais qu'à vouloir monter des expos grand public, le Centre Pompidou finit par prendre ledit public pour une grosse cruche. Par conséquent, on a décidé, à l'aide d'un petit hall d'accueil pour touristes dégénérés, de nous expliquer en quoi consistait la société indienne d'aujourd'hui en cinq partie (ou quatre, ou six, je ne sais plus), qui correspondent à autant de sections dans l'exposition. Problème : brutale surcharge cognitive dès l'accès à cet "espace documentaire" aux murs orange vif (car qui dit "indien" dit forcément "kitsch", c'est bien connu), où les informations fusent de toutes parts sous formes de textes, d'images, de sons… C'est donc dans un état semi-nauséeux qu'il faut s'obliger à continuer le parcours. Parcours fléché s'il en est, qui traite, à travers les œuvres exposées, de différents thèmes sociaux relatifs à l'Inde contemporaine, et, plus spécifiquement, de la place de la femme et des problèmes environnementaux. Et, puisque le quotient intellectuel du visiteur lambda avoisine zéro – du moins, c'est ce que j'en ai déduit – chaque œuvre est pourvue d'un cartel qui explique consciencieusement ce que chacun doit comprendre. Il est vrai que, par exemple, devant un mur de déchets informatiques, il est nécessaire qu'un texte vienne appuyer le propos de l'auteur, sans quoi il serait évidemment impossible de deviner qu'il est question de développement économique et de rapport à l'environnement. Voilà, l'ensemble de l'exposition est dans ce ton-là, avec mention spéciale aux artistes français.

En effet, sous prétexte de renouer avec les grandes expositions telles Paris-New-York ou Paris-Moscou, le Centre Pompidou a voulu instaurer un ersatz de dialogue entre la France et l'Inde, en invitant des artistes français à participer. Pour ce faire, on leur a proposé d'aller passer une quinzaine de jours en Inde – voyage que certains ont refusé. Ce qui ne change pas grand-chose à l'affaire, d'ailleurs, puisque la plupart d'entre eux, que ce soit via un documentaire terriblement ennuyeux sur les hijras (Kader Attia) ou à travers des clichés (au sens figuré) monstrueusement kitsch (Pierre et Gilles) n'ont pas grand-chose à dire de l'Inde. La palme est remportée haut la main par Stéphane Calais avec Inde au noir, série de toiles en noir et blanc représentant des fleurs. Plus une espèce de chose noire et ronde suspendue au plafond, que j'ai personnellement prise pour une grosse boule de polystyrène (c'est vraiment très très moche). Signification de l'ensemble (et là je reproduis le cartel au mot près) : "Stéphane Calais choisit de parler de l'Inde avec distance" (ce qui veut dire qu'il n'y est pas allé). Désolée pour cette interruption… Suite du cartel : "Dans de grands dessins à l'encre de Chine, il marie en une forme de syncrétisme son goût des fleurs à celui d'un style très graphique. En Inde, les fleurs sont omniprésentes : on les retrouve partout, en particulier sous la forme d'offrandes aux dieux. Un ballon de basket noir, suspendu au plafond par un fil de fer, vient déranger la paix des dessins. Il fait référence à la secte des Thug qui pratiquaient en Inde, du XIIIe au XIXe siècle, le meurtre par étranglement des voyageurs qu'ils volaient". Est-ce à dire que les Thugs étranglaient leurs victimes à l'aide d'un ballon de basket ??? Curieuse méthode… Mais continuons (et finissons-en, d'ailleurs) : "Cette association brutale du ballon noir et des dessins rend le point de vue de l'œuvre éminemment politique". Et je vous fais grâce des propos éminemment pompeux de l'artiste. Argh. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargggggghhhh.

Cela posé (ah, voilà que je parle comme un conférencier, quelle horreur), restent quelques œuvres qui se détachent du lot, notamment Think Left, Think Right, Think Low, Think High (Hema Upadhyay), reproduction miniature du bidonville de Dharavi sur deux parois verticales interminables, la vidéo hypnotique The Bragdon Pavilion (Loris Gréaud), qui rappelle les mandalas, celle très poétique, façon lanterne magique, de Nalini Malani et intitulée Remembering Mad Meg (en référence à Brueghel). Ou encore Freedom is everything (Sakshi Gupta), tapis de dentelle métallique et, pourquoi pas, le très curieux et très morbide Silence (Noces de sang) d'Anita Dube. Dommage que le Centre Pompidou ait voulu donner à tout prix – quitte à enfiler de très gros sabots – une tonalité sociologique à l'ensemble, comme si les auteurs des œuvres présentées, sous prétexte d'être Indiens (pour ceux d'entre eux qui le sont, bien entendu), devaient obligatoirement délivrer un message politique – et caricatural – sur l'Inde contemporaine.

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Published by Stéphanie MAYADE - dans Exposition
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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 07:00

Aurais-je trop lu Chrétien de Troyes ou trop regardé Sacré Graal, Excalibur, Kaamelott ? Ce qui est certain, c'est que l'exposition du musée national du Moyen-âge n'a pas été, loin s'en faut, à la hauteur de mes fantasmes.

Un petit mot tout d'abord sur la scénographie, où, selon le commissaire de l'exposition, "les cimaises tranchent l'espace comme la lame d'une épée, créant des volumes aux angles acérés." Etant donné qu'il est nécessaire de posséder une imagination relativement fertile pour faire le rapprochement entre la scénographie simplissime de l'exposition et son objet, j'en déduis que le discours du commissaire ne peut qu'être destiné à rassurer l'équipe du musée et lui-même, ainsi qu'à justifier les frais causés par l'embauche d'un scénographe. En psychologie sociale, on appelle ce genre d'attitude "rationalisation des efforts fournis pour rien" (ah ah ah, depuis le temps que je cherchais à le replacer, celui-là, je ne suis pas peu fière de moi)…

Pour ce qui est du contenu lui-même, il y a en fait assez peu à en dire. A part regarder un certain nombre de vieilles épées rouillées et moches, voire inexistantes (parfois on ne nous en montre que de minuscules morceaux), on apprend très peu de choses, les textes et cartels se limitant (volontairement) au minimum. De la composition détaillée de l'objet, on ne nous dit quasiment rien et on se contente de nous indiquer que les académiciens, les saint-cyriens et les polytechniciens, en France, portent une épée (sans développement aucun sur la question) en guise de références à l'épée en tant que symbole. L'usage de l'objet n'est guère plus abordé, et j'aurais personnellement apprécié qu'une partie de l'exposition soit proprement consacrée aux clichés (par exemple, concernant le poids d'une épée médiévale) qui perdurent aujourd'hui.

Quant au mythe… Et bien, en gros, nous apprenons (parce qu'évidemment, nous n'en avions jamais entendu parler) que le roi Arthur et Roland étaient censés posséder des épées respectivement nommées Excalibur et Durandal. Fin de la partie de l'exposition consacrée à l'aspect mythique de l'épée. C'est d'autant plus dommage que les relations d'Arthur avec ses épées sont rien moins que compliquées dans la littérature, que le fait qu'Excalibur soit brisée et reforgée a une importance non négligeable dans la légende arthurienne, qui aurait gagné à être traité, d'autant plus qu'on en retrouve des traces jusque dans Le Seigneur des anneaux et Star Wars (je ne conçois d'ailleurs pas qu'on puisse présenter une exposition sur l'épée sans parler de Star Wars).

Quelques vidéos agrémentent l'exposition, comme des extraits des Vikings, et, inévitablement, de Sacré Graal ou de Kaamelott, fort sympathiques mais qui n'apportent strictement rien, ainsi qu'un film qui présente une reconstitution de combat en armure au XVème siècle, prouvant par là qu'on pouvait parfaitement se mouvoir dans cet accoutrement : de mon point de vue, cette dernière vidéo est ce que l'exposition propose de mieux.

En conclusion, une épée rouillée, ça n'est pas très passionnant à regarder, vingt épées rouillées d'affilée, c'est carrément pénible.

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Published by Stéphanie MAYADE - dans Exposition
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 07:00

EAJ mutualiste Les Roches Nolay - Sans titre

 

L'association "L'art pour le dire" est vouée à l'art dit "différencié", c'est-à-dire à la pratique artistique amateur de personnes en situation d'exclusion pour différentes raisons (handicap, hospitalisation, incarcération, placement en foyer, etc.) et encadrées par des animateurs dans le cadre d'ateliers. C'est dans ce cadre qu'elle présente l'exposition "D'une rencontre à l'autre" au Parc de la Colombière de Dijon. Je n'ai rien contre le principe, et je ne voudrais surtout pas diminuer le travail des auteurs. En revanche, je suis plus que sceptique sur la manière, c'est-à-dire sur la méthode employée par les animateurs – et, in fine, sur le but de l'association.

Première chose qui me gêne un peu : une thématique imposée, à savoir la chaise. Outre que le titre de l'exposition, "D'une rencontre à l'autre" ne rend pas tellement compte du choix de cette thématique - on aurait aussi bien pu l'intituler "Chaises" plutôt que de lui donner un titre avec un pseudo-sens à caractère social -, je vois mal l'intérêt de limiter l'expression des participants aux ateliers, déjà obligés de travailler sur un projet collectif, avec un thème imposé. Mais passons.



SMPR - Maison d'arrêt - CHS La Chartreuse - Dijon - La Bambauhaus


Seconde source de scepticisme : on a visiblement fortement incité les auteurs à infliger à leurs créations des phrases bien senties sur l'art, qu'il s'agisse de citations d'artistes à renommée mondiale tels Picasso (belle preuve d'originalité) ou Warhol (c'est déjà plus drôle), ou bien d'une prose plus personnelle (comme le déprimant mais ô combien parlant "L'art permet l'évasion…" devant un bambou qui a fini par mourir). Donc, en vrac, on a droit à des inscriptions telles que : "Art = émotion", "L'art c'est s'exprimer", "Il n'y a, en art, ni passé, ni futur..", etc., etc. A lire toutes ces phrases, je n'ai pu empêcher une vision désagréable de m'assaillir : celle d'animateurs ultra-motivés, poussant les participants de leurs ateliers à répondre à leurs questions pressantes : "Allez, dites-moi, c'est quoi l'art pour vous ? Ca signifie bien quelque chose, non ? A quoi ça vous sert ? Pourquoi vous venez aux ateliers ? Qu'est-ce qu'il a dit, Matisse ? Souvenez-vous, je vous ai lu des phrases de Matisse… Et Picasso, qu'est-ce qu'il a dit ? " (question à laquelle on a envie de répondre : "Picasso a dit beaucoup de choses, dont un certain nombre de conneries"). Dieu merci, le Pôle Enfance semble avoir échappé à ce carcan… Et j'ai tout de même noté un charmant "L'art c'est du cochon".



ESAT mutualiste Montbard - L'anaconda de l'enfer



CAJ COS Chenôve - La chaise de l'avenir



Troisième point, en relation avec le second : la référence quasi-obligée à des artistes ou mouvements artistiques (on pourrait parler d'une démarche anti-Dubuffet, en quelque sorte). Là encore, en vrac : Matisse (le grand gagnant), Warhol, le Land art (?), Dada, le Bauhaus, et j'en passe. Et là encore, vision désagréable d'un encadrement pesant poussant à la citation plastique non digérée. On trouve ainsi ce qui se présente comme un hommage très, mais vraiment très appuyé à Dada avec une réplique de la Roue de bicyclette de Duchamp, agrémentée de nombreuses citations de Dada, d'une reproduction de la Tête mécanique de Hausmann et d'un clavier d'ordinateur ; ou bien encore (et là nous atteignons le paroxysme de ce type de démarche), une chaise recouverte de cartes postales représentant des œuvres d'artistes connus (Dali, Kandinsky, Soulages, Pollock, Matisse, Giacometti, Munch, Klimt, etc.) et de citations écrites : on ne me fera pas croire que les auteurs de cette chaise avaient vraiment envie de faire ça.



Residence mutualiste R.Grandjean - Talant - Sans titre


Peut-être suis-je un peu négative. Peut-être qu'on me trouvera même mesquine avec les animateurs des ateliers. Mais, pour avoir travaillé, bien que brièvement, en tant que conseillère d'insertion professionnelle avec des travailleurs sociaux, j'ai le sentiment que quel que soit le projet des personnes en situation d'exclusion, professionnel ou créatif, on leur donne rarement le droit d'être force de proposition et qu'on s'attend forcément à ce qu'elles se coulent dans le moule et à ce qu'elles prennent la route qu'on leur indique (ben oui, comment pourraient-elles prétendre savoir mieux qu'un travailleur social ce qu'elles ont envie de faire ou ce qu'elles sont capables de faire ? ). Bref, il me semble deviner une sorte de condescendance de la sphère médico-sociale vis-à-vis d'un public qu'elle est censée aider à s'émanciper. Une belle preuve d'anti-pédagogie.



Foyer d'hébergement spécialisé Tonnerre - Sans titre (2)

Foyer d'hébergement spécialisé Tonnerre - Sans titre (1)

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