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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 07:00

 

Durand - Parenthese - p.103

 

Echaudée par mon expérience avec Pénélope Bagieu, me voilà plus que méfiante à l'égard du premier album d'Elodie Durand, recueillant lui aussi éloges et dythirambes. D'autant que l'introduction (j'avais survolé les premières pages en librairie), un peu trop dramatique à mon goût, n'avait fait que me conforter dans mes a priori. En plus, pas de chance, une faute de grammaire dès la troisième phrase (le genre de truc qui m'agace vraiment) ! Bref, j'étais partie pour me taper une histoire larmoyante, un brin impudique, que les critiques portaient aux nues parce qu'il serait politiquement incorrect d'éreinter une auteure qui a subi une grave maladie.

Du coup, j'ai un peu honte de moi, maintenant... Je ne m'attendais pas, en fait,  à ce que ce passage de la vie d'Elodie Durand soit aussi empreint de souffrance. Et aussi intéressant, au final. C'est l'histoire, assez simple, en fait, d'une jeune fille qui s'est découverte épileptique et qui, malheureusement pour elle, a connu des complications (plutôt rarissimes, d'après ce que j'ai compris) qui l'ont amenée à s'enfoncer inexorablement dans la maladie. Rien de bien original, me direz-vous. Et, en effet, le récit souffre d'une narration (et là, je parle de l'aspect littéraire de la chose) un peu faible. Elodie Durand a choisi de raconter son histoire en voix off, ce qui met en avant les lacunes de son écriture, très plate, et il faut bien le dire, un peu ennuyeuse. Reste que ce qui lui est arrivé n'est pas banal et qu'elle a très bien su exprimer, avec relativement de pudeur, la perte d'identité dont elle a souffert. En effet, c'est là le sujet principal de l'album : atteinte d'une maladie apparemment incurable, elle a vu sa mémoire s'effilocher inéxorablement et a atteint un stade où elle n'était plus qu'un zombie (elle dormait presque tout le temps). Le passage chez la neuropsychiatre, où, à force de tests, elle s'aperçoit qu'elle ne connaît plus l'alphabet et qu'elle ne sait plus compter, est particulièrement saisissant.

 

Durand - Parenthese - p.141

De ce que j'ai écrit jusque là, on pourrait déduire qu'il s'agit d'une histoire particulièrement triste et fataliste. Mais non ! La grande force de ce récit, c'est d'avoir été construit en palindrôme : à la descente aux Enfers succède, en symétrie,  le retour à la vie. Et ça fait du bien, car la première moitié du récit est tout de même assez éprouvant. Je ne suis pas très enthousiasmée par le dessin général, mais certaines planches, plus ou moins indépendantes de la narration, sont sublimes d'expressivité (je vous en montre quelques une ici), et  c'est grâce à elles, finalement, que cet album a remporté mon adhésion. Et puis, Elodie Durand a commis un vrai travail de mise en page, ce qui n'est pas si courant. Je ne la considère donc pas forcément (pour l'instant) comme une très bonne narratrice, mais je pense qu'elle a un potentiel énorme en tant que dessinatrice et un bel avenir dans la BD.

 

Durand - Parenthese - p.137

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 07:00

Bagieu Cadavre exquis - p.85

Que la ca critique et les lecteurs aient couvert Pénélope Bagieu d'éloges pour la publication de Cadavre exquis me laisse pantoise...


Je résume l'histoire : Zoé, 22 ans, a un job pourri  : hôtesse d'accueil dans des salons (ce qui est considéré par Pénélope Bagieu - je le tire d'une interview - comme le pire boulot qu'elle ait jamais fait ; elle a bien de la chance... Bref.). Elle vit aussi avec un mufle et, par conséquent, sa vie ne la satisfait pas (normal). Jusqu'à ce qu'elle rencontre par hasard un écrivain qui vit reclus, obsédé par ses succès passés, chez lequel elle emménage rapidement. Ils s'aiment (?), elle arrête son job d'hôtesse, il recommence à écrire.  Ledit écrivain se fait passer pour mort depuis des années : il s'agit là d'une stratégie qu'il a concoctée avec son éditrice et ex-femme et que, soit-dit en passant, je considère comme une situation hautement réaliste et probable (mais oui, mais oui). L'écrivain s'avère finalement être lui aussi un mufle (elle choisit bien ses mecs, dites-donc), Zoé et l'ex-femme se vengeront donc de cet affreux en lui volant son dernier manuscrit (c'est censé être un super coup de théâtre). Et tomberont amoureuses  l'une de l'autre par la même occasion (eh oui, je révèle tout). Voilà, voilà...


Alors, que je trouve le scénario, qui se veut une histoire dans la veine réaliste, très improbable, je pense que vous l'aviez déjà compris. J'ajoute à cela l'aspect très caricatural des situations et des personnages : Zoé, par exemple, est la parfaite jeune fille superficielle et inculte (mais qui va découvrir Belle du Seigneur et se mettre à à adorer la littérature, comme c'est beau). Et, comme chez Pénélope Bagieu, les gens qui ne lisent pas sont aussi forcément très mal élevés, Zoé, quand elle va chez les toilettes de quelqu'un qu'elle ne connaît absolument pas, laisse la porte ouverte (mais oui, parce que c'est évidement comme ça que ça se passe chez les prolétaires, c'est bien connu).

  Bagieu - Cadavre exquis - p.22

 

Rien que cette scène m'a donné très envie de jeter le bouquin par la fenêtre (comme il se trouve qu'il appartient à la bibliothèque, je me suis retenue. Et puis j'aurais pu assommer un passant). Le personnage masculin est tout aussi caricatural. Bref, l'ensemble est, à mon humble avis, et, à vrai dire, contre l'avis de tous - les amis auteurs de BD de Pénélope Bagieu, les critiques les plus respectés, plein, plein de lecteurs - d'une grande médiocrité. Simpliste. Idiot. Etc, etc. J'ai en revanche assez aimé le dessin stylisé, qui, sans se montrer d'une grand originalité, est agréable, d'autant que la colorisation est très réussie. Pénélope Bagieu est à la base une illustratrice (et auteure d'un blog que je trouve également médiocre, mais qui remporte beaucoup de succès) qui a un peu trop l'habitude de s'adresser à un public du style "lectrices de Elle" et, dans Cadavre exquis, ça se sent. Trop. Beaucoup trop.

 

Bagieu - Cadavre exquis - p.74

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 07:00

J'ai tellement la flemme d'écrire un article ces temps-ci que je vais me contenter, pour aujourd'hui, de poster un dessin de Boulet (en fait, j'ai commencé plus de dix articles en même temps et je ne m'en sors plus du tout. Gros manque d'organisation...).

Voici donc un steampunk Vador ; rien d'exceptionnel, mais comme j'adore l'esthétique Steampunk et que je suis (naturellement) une grande fan de Darth Vador (je possède différents objets à son effigie, dont une tirelire surmontée d'une figurine qui joue la musique de Star Wars. On ne fait pas plus geek.), ben j'aime bien ce dessin. En plus il est drôle..

 

Boulet - Vador

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:00

Le Centre Pompidou a invité Benoît Peeters - écrivain mais aussi essayiste, scénariste BD, ainsi que réalisateur - à organiser une série de débats-conférences autour d'une thématique. Il a choisi : "Au loin s'en vont les images".

Benoît Peeters est surtout connu pour sa collaboration avec François Schuiten sur Les Cités obscures, une série qui dépasse largement les limites de la bande dessinée traditionnelle. Malheureusement, on a souvent tendance à le faire "disparaître", pour mettre en lumière François Schuiten seul, les media se souciant presque toujours davantage - sinon uniquement - des dessinateurs. Un exemple tout à fait édifiant  : le festival international de la bande dessinée d'Angoulême, dont l'objectif principal se veut la diffusion de ladite bande dessinée, avait remis en 2002 son Grand Prix à François Schuiten et uniquement François Schuiten, dont la très grande majorité du travail en la matière est dûe à sa collaboration avec Benoît Peeters.

Parmi les ouvrages de Benoît Peeters sur la bande dessinée, vous pouvez lire, La bande dessinée (Dominos), qui est une bien meilleure introduction à la BD que le titre de Découvertes / Gallimard (le souci, c'est que ce livre est épuisé car la collection  n'existe plus), Case, planche, récit. Comment lire une bande dessinée, ou/et Le monde d'Hergé (entre autres, car il a publié plusieurs textes sur Hergé et Tintin).

 

 

 

Un entretien avec Benoît Peeters est actuellement disponible en vidéo sur le site du Centre pompidou et sur Dailymotion, à propos du choix de  la thématique "Au loin s'en vont les images" (bizarrement, le début n'est pas filmé) :

 


Trois questions à Benoît Peeters par Jean-Pierre Criqui, Chef du service de la Parole, Département du développement culturel du Centre Pompidou :

Jean-Pierre Criqui : Le thème que vous avez choisi pour cette série de rencontres est celui de l'image. Que penser de sa présence au fondement d'une grande partie de vos travaux ?

Benoît Peeters : Même si mon origine est littéraire (Barthes, le Nouveau roman), les images ont très vite pris une place prépondérante dans mon travail. Une sorte de soupçon, ou peut-être de réticence plus intime, m'a tenu à distance du roman comme de tous les « grands genres ». J'ai toujours été plus à l'aise dans les formes intermédiaires, impures, multipliant les collaborations avec des gens d'images. Au début des années 80, quand j'ai commencé à travailler avec Marie-Françoise Plissart, le récit photographique nous est apparu comme un formidable champ d'expérimentation : en réalisant des livres comme Droit de regards ou Le mauvais œil, nous avions tout à apprendre, tout à inventer. À la même époque, quand avec François Schuiten nous avons entamé Les Cités obscures, nous avions le sentiment que la bande dessinée proposait encore d'innombrables territoires à arpenter.


JPC : Vous êtes avant tout préoccupé par la capacité narrative des images. Diriez-vous plus largement, ainsi que le laisse entendre le titre d'un de vos récents essais (Écrire l'image, 2009), qu'il existe une affinité essentielle entre le visuel et le verbal ?

BP : J'ai écrit pour l'image, j'ai écrit sur l'image – ou plus exactement sur les images, car c'est avant tout l'image séquentielle qui m'a retenu, de Töpffer à Hitchcock, de Nadar à Hergé. Mais je ne crois pas qu'il existe une « affinité essentielle entre le visuel et le verbal ». Celui qui écrit sur les images le ressent : le commentaire risque à chaque instant de rester à côté, comme sans prise sur ce qui fascine vraiment. C'est peut-être ce qui m'a retenu jusqu'ici d'écrire sur la peinture, qui tient pourtant une place essentielle dans ma vie. Même dans les arts mixtes comme le cinéma ou la bande dessinée, la complémentarité repose sur une dialectique fragile : très vite si l'on n'y prend garde, le scénario tend à prendre le pouvoir, condamnant les images à n'être que l'exécution d'un programme. À l'inverse, un auteur complet comme Chris Ware conçoit ses bandes dessinées de telle sorte que les relations entre les images ne sont plus d'ordre simplement narratif : leur organisation fonctionne en tous sens, un peu à la façon des connections neuronales. Le verbal remplit chez lui des fonctions multiples : narratives, plastiques, littéraires. À ce titre et quelques autres, Ware est proche de certaines préoccupations de l'art contemporain.


JPC : En écho à un film d'Ari Kaurismäki (Au loin s'en vont les nuages, 1996), ce "Selon Benoît Peeters" s'intitule Au loin s'en vont les images. Serait-ce le destin de la culture visuelle que de voir ses objets finalement lui échapper ?

BP : Oui, et les images elles-mêmes sont peut-être en train de s'en aller, à force de se liquéfier. Les frontières entre le graphique, le photographique et le numérique ne cessant de se brouiller, l'arrêt sur image reculant au profit du flux, on a sans doute pris le chemin d'une insidieuse liquidation. Mais la mélancolie de la perte devrait les rendre plus désirables encore.

 

 


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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 07:00

Ah ah, mon premier article BD ! Parce qu'il faut quand même que vous sachiez que la bande dessinée est un de mes grands centres d'intérêt, même si je l'ai un petit peu délaissée ces dernières années, faute d'accès à une bibliothèque publique suffisamment fournie. J'ai même pensé à une époque préparer une thèse sur Les Cités obscures de Schuiten et Peeters (mais j'ai pensé à de nombreux sujets de thèse au cours de ma vie, comme vous finirez certainement par vous en apercevoir).

Bon, là, je vais faire un peu court et je passe sur la présentation du dessinateur, parce que j'ai l'intention de vous parler de lui plus longuement plus tard. Je vous explique juste le concept à l'origine des deux dessins ci-dessous. Festiblog est un festival (ah ben oui) consacré aux blogs BD (forcément) d'un peu partout dans le monde. Une des expositions proposées, l'impro-expo, repose sur une idée originale : à l'instar des séances de dédicaces, le dessinateur se voit proposer un (ou plusieurs) thème(s) par personne présente et il a une heure pour travailler dessus. Ensuite, les dessins sont tous exposés et, enfin, les "commanditaires" peuvent repartir avec le dessin à la fin de l'expo. Sûr que certains vont largement spéculer sur ces oeuvres qui vont prendre de la valeur dans quelques années, comme c'est le cas pour les dédicaces, mais c'est une autre histoire... Boulet (ouais, c'est moche, comme pseudo) a travaillé à l'aquarelle pour tous les dessins et dit avoir énormément apprécié l'expérience. Je vous présente donc deux oeuvres issues de cette impro-expo, avec leurs thèmes.



Trois thèmes mélangés :
Cthulhu - La bibliothèque - Une petite fille blonde et son chat noir



Boulet - Bibliotheque


Celle-là, je l'ai choisie d'abord et évidemment pour la référence à Cthulhu (mais ça aussi, je vous en reparlerai plus tard). Sachez seulement que, régulièrement, j'imite Cthulhu pour faire peur à mon Jules (j'imite aussi Sadoko de Ring quand j'ai les cheveux assez longs, il a horreur de ça) ! Mmmh, je sens que je suis un peu hors-sujet, là... Bref, Cthulhu + une bibliothèque + un chat noir : j'ai l'impression que c'est un peu de moi que Boulet a dessiné (sauf que je ne suis ni blonde, ni une petite fille). Le chat a exactement l'air mécontent arboré en permanence par le mien ! Et Dieu sait si j'ai été terrorisée par Lovecraft dans mon adolescence...

 

 


Deux thèmes mélangés :
Les LEGO stars - Une scène de chasse au Jurassique



Boulet - Lego


Ici, pas besoin de commentaires, les LEGO et les dinosaures, ça parle à tout le monde !

 

 

Je vous propose de cliquer ici pour voir  tous les dessins en plus grand format.

 

Voir aussi :


De Lovecraft en général et de Cthulhu en particulier

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