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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 07:00

Egypte - Oushebti de Heriibimen - Oushebti de Djedher

Les oushebtis (ou ouchebtis) sont des petites statuettes qui faisaient partie du mobilier funéraire sous l'Egypte antique. Selon les croyances des Egyptiens, les morts se retrouvaient dans un endroit appelé "Champs d' Ialou", sous la protection d'Osiris. Or, comme ici-bas, les champs d'Ialou demandaient à être cultivés, irrigués, les récoltes ramassées, il était nécessaire de construire des digues, etc. Tous les défunts étaient donc soumis à des corvées, à l'appel d'Osiris. Pour éviter ces corvées, les Egyptiens avaient donc imaginé les oushebtis, statuettes représentant le défunt et destinées à le remplacer dans les travaux des champs de l'au-delà.

Les oushebtis, placés dans la tombe, figuraient donc un personnage (le défunt), généralement debout et momiforme, c'est-à-dire emmailloté dans des bandelettes, avec les mains émergeant du linceul et tenant des outils nécessaires aux corvées (souvent une houe et un sac). Ils sont apparus au Moyen Empire (-2033 à -1786) avec le nom de chaouabtis (en référence au bois dont ils étaient faits) et leur statut était alors celui de substitut du défunt. C'est au Nouvel Empire (-1500 à -1000) qu'on les a appelés oushebtis (le terme signifiant littéralement "répondant") et que leur statut a évolué vers une fonction d'esclave au service du défunt : ce qui explique qu'au Moyen Empire les tombes ne recélaient qu'un chaouabti, alors qu'on a pu retrouver des centaines d'oushebtis dans certaines tombes du Nouvel Empire. A cette époque, l'organisation-même des oushebtis a évolué : théoriquement, ils devaient être regroupés en équipes où 12 contremaîtres (un par mois) et 36 chefs dizeniers (un par décade) dirigeaient 365 ouvriers (un par jour) ; c'est ainsi que se présentaient les 413 oushebtis de la tombe de Toutânkhamon. Il est à noter que les chefs d'équipes ne présentaient pas d'apparence momiforme comme les autres, mais étaient revêtus du costume des vivants, à savoir un pagne à pan.

Les oushebtis étaient de qualités très variables, notamment en fonction du statut social du défunt ; il en existe en bois, en pierre, en terre cuite et en "faïence égyptienne", voire en métal. Un texte inscrit sur le corps de l'oushebti présente le nom, l'ascendance et les titres du défunt, ainsi qu'un extrait du Chapitre VI du Livre des Morts : "O serviteur, si l'on réquisitionne nom du défunt pour effectuer tous les travaux qui sont à faire dans le monde des morts à titre de corvée, ce sera à toi d'en assumer la charge, pour cultiver les champs, irriguer les rives, transporter le sable d'est en ouest et inversement. Alors tu répondras 'présent' quand on fera appel à toi à quelque moment que ce soit." Notons que le  Louvre possède plus de 4200 oushebtis, ce qui représente environ 1/10ème des Antiquités égyptiennes du Musée.

A présent, résumons-nous à travers une mise en situation, afin de vérifier si nous avons bien saisi l'essentiel. Vous étiez mort(e), passé(e) dans l'au-delà sans encombre et Osiris vous appelait : " Viens par ici, Nefertiti ! " (il se trouve en effet que vous vous appeliez Nefertiti, prénom très courant dans l'Egypte antique). Aussitôt, l'oushebti sautait élégamment sur ses petits pieds et s'élançait vers Osiris pour accomplir son devoir (ou plutôt le vôtre, en fait). Comment les oushebtis arrivaient à se mouvoir et à accomplir les travaux des champs dans leur emballage de momie, voilà bien encore un mystère irrésolu... A partir de ce moment, deux versions s'offrent à nous, Moyen ou Nouvel Empire. Version Moyen Empire : l'oushebti, qui n'était en fait encore qu'un vulgaire chaouabti (souvenez-vous, il avait changé de nom au fil du temps), le chaouabti, donc, disais-je, se faisait sournoisement passer pour vous (le chaouabti au Moyen Empire avait le statut de substitut du défunt) et dupait Osiris (ça n'était pas le tout d'être un dieu, encore fallait-il être malin). Version Nouvel Empire : l'oushebti (puisqu'à présent il avait changé de nom), se présentait devant Osiris pour ce qu'il était : un honnête et vaillant serviteur (parce qu'il avait changé de statut et était devenu un esclave). Ce qui prouve que les Egyptiens du Nouvel Empire étaient moins hypocrites que ceux du Moyen Empire (du moins c'est ainsi que je vois les choses). Dans les deux cas, le chaouabti / oushebti finissait de toute façon par accomplir le travail à votre place. Ce qui, soyons clairs, vous arrangeait bien.



Voir aussi les articles suivants :

Egypte : Oushebtis - Musée des Beaux-Arts, Dijon (1)
Egypte : Oushebtis - Musée des Beaux-Arts, Dijon (2)
Salle égyptienne - Musée des Beaux-Arts, Dijon (1)

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Published by Stéphanie MAYADE - dans Sculpture
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David (Netbourgogne) 20/08/2010 11:50



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