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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 07:22

Le Sultan du Maroc Mulay-Abd-er-Rahman recevant le comte de Mornay, ambassadeur de France

 

 

Delacroix - Le Sultan du Maroc entouré de sa garde

 

 

 

 

Cette petite  huile sur toile de 1832 est une esquisse pour le tableau intitulé Mulay-Abd-er-Rahman, sultan du Maroc, sortant de son palais de Méquinez, entouré de sa garde et de ses principaux officiers, actuellement exposé au Musée des Augustins à Toulouse et qui s'intègre dans les oeuvres de style orientaliste de Delacroix.

 


En 1832, le comte Charles de Mornay, envoyé par le roi Louis-Philippe au Maroc en mission diplomatique, propose à Delacroix de l'accompagner. Une fois parvenue à Meknès, la délégation française est reçue en grande pompe par le sultan. Delacroix écrira : " Il reçoit son monde à cheval lui seul, toute sa garde pied à terre. Il sort brusquement d'une porte et vient à vous avec un parasol derrière lui. Il est assez bel homme. Il ressemble beaucoup à notre roi : de plus la barbe et plus de jeunesse. " Lors de cette audience, Delacroix a dû se limiter à un rapide croquis, complété plus tard par de nombreuses études et notre esquisse. Le tableau a, quant à lui, été peint treize ans après le voyage au Maroc, en 1845.  

 

 

Les dimensions de l'esquisse (31 cm x 40 cm) n'ont rien à voir avec celles, imposantes, du tableau final (3,77 m x 3m40). De plus, la composition de ce dernier a été recentrée sur le personnage du sultan. Quant aux couleurs éclatantes du tableau (la réputation de coloriste de Delacroix n'est évidemment plus à faire), elles explosent littéralement dans l'esquisse (il est à noter que ce qui ressemble au soleil couchant est en fait le parasol tenu au-dessus de la tête du sultan).

 

 

Ce voyage au Maroc (durant lequel il passe par Marseille, Tanger, Alger, avant d'arriver à Meknès) a profondément marqué Delacroix.  Il a littéralement été ébloui par la lumière de l'Afrique, et c'est là qu'a véritablement commencé à germer sa réflexion sur la couleur. Il y a également puisé des sujets pour plusieurs tableaux restés célèbres, dont Femmes d'Alger dans leur appartement (1834) et en a rapporté des carnets de textes et de croquis, souvent rehaussés à l'aquarelle, et devenus fameux depuis.

 

 

Pour conclure, j'ajouterai qu'il aurait été impensable, du temps de Delacroix, qu'une esquisse fait pu être présentée aux yeux de tous (et encore moins au salon de l'Acdémie) ; et si ça avait été le cas (ce qui est purement hypothétique), donc, en supposant, disais-je, que ça ait été le cas, elle serait sans doute passée pour un infâme barbouillage (par ailleurs, les oeuvres de Delacroix provoquaient déjà suffisamment de scandales de son vivant, nul n'était besoin d'en rajouter). Mais aujourd'hui, à une époque où les conservateurs exposent les esquisses sans vergogne, on ne peut qu'être frappée par la modernité de cette peinture, qui se révèle bien plus avant-gardiste que sa version finale.

 


 

Tableau Le sultan du Maroc entouré de sa garde au Musée des Augustins : http://www.augustins.org/images/photos/43_063_380.jpg

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Published by Sushi - dans Peinture
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