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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 07:00

 

Carnotaurus


 Les dinosaures sont à la science ce que l'impressionnisme est aux Beaux-arts. Collez le mot "dinosaures" dans n'importe quel titre d'exposition, et vous êtes sûrs de faire recette : la foule accourt en masse. Je me compte bien entendu dans ladite foule ; soyez bien certains que si l'exposition, au lieu de s'intituler Dans l'ombre des dinosaures, s'était présentée sous l'appellation La crise Crétacé-Tertiaire, ou sous n'importe quelle autre formule plus directement en lien avec le sujet, mais moins aguicheuse, je ne m'y serais pas rendue. Mais l'esprit humain étant ce qu'il est, c'est-à-dire bien faible, j'ai succombé, comme tant d'autres, à la tentation – bien compréhensible, cela dit – de contempler les traces de la grandeur et de la décadence du genre dinosauresque.

Donc, si l'on peut effectivement contempler quelques squelettes de dinosaures fossilisés (ce que ne manque pas de nous rappeler le musée), qui sont d'ailleurs, d'un point de vue scénographique, le clou (et aussi le point de départ) de l'exposition, celle-ci s'est donné comme sujet principal le tournant Crétacé-Tertiaire, à savoir une immense crise écologique qu'a connue la Terre il y a environ 65/70 millions d'années ; crise que l'on nomme KT, de l'allemand "Kreide Tertiär". Ce qui n'est donc pas, finalement, sans rapport avec les dinosaures, puisque ceux-ci ont justement disparu, ainsi que de nombreuses autres espèces, il y aurait 70 millions d'années. Et qui nous ramène assez tristement à notre actualité (sommes-nous à la veille d'une autre grande crise écologique ?).

L'exposition se présente donc en trois parties, qui sont : l'époque des dinosaures (de -85 à -70 millions d'années), la crise proprement dite du KT (de – 70 à -65 millions d'années) et les théories actuelles sur les causes de cette crise, et enfin la vie et l'évolution des survivants au Tertiaire (de -65 à -40 millions d'années). On fait donc d'abord connaissance avec quelques dinosaures habituellement beaucoup moins mis en vedette que le T-Rex, ainsi qu'avec des mammifères, des insectes et de curieux êtres sous-marins (dont une impressionnante Ammonite géante), par le biais de fossiles. La suite évoque les deux grandes théories sur le KT (qui ne s'excluent d'ailleurs pas l'une l'autre). La première, largement médiatisée, c'est évidemment celle de la météorite qui aurait percuté la Terre ; cette théorie doit son origine à la découverte d'un taux anormalement élevé d'iridium (métal très rare sur Terre) dans une couche argileuse datant du KT.  La seconde théorie, peut-être moins connue, a été motivée par l'étude des traps du Dekkan en Inde, ces formations basaltiques issues de gigantesques coulées de lave : l'hypothèse est donc celle d'un phénomène de volcanisme géant. Enfin, les dernières salles font la part belle à ceux qui sont nommés le "cortège des disparus", de façon un peu macabre (alors que cette partie de l'exposition ne l'est pas du tout, loin s'en faut). On y rencontre de nombreuses espèces de mammifères qui, pour ne plus exister aujourd'hui, ne nous en rappellent pas moins certains de nos compagnons terriens. Et, surtout, on nous explique comment ces différentes espèces ont évolué, se sont adaptées, voire spécialisées dans certains domaines (courir, nager, grimper, la liste est longue). Intéressant, par exemple, de voir que les siréniens (dont font partie, aujourd'hui, les lamantins), qui avaient quitté l'océan, sont devenus amphibies et se sont retrouvés avec quatre pattes, avant de retourner définitivement à l'élément marin sous un aspect et munis de capacités différents.

C'est une exposition clairement familiale, émaillée d'outils interactifs, de courtes vidéos, avec des textes explicatifs plus spécifiquement adressés aux adolescents et aux adultes, à la fois compréhensible par tous et qui réactive ou apporte un certain nombre de connaissances pour les non-initiés, sans pour autant saturer le cerveau. Bref, une exposition utile et agréable, à la portée de tous.

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Published by Sushi - dans Exposition
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commentaires

LILIRADAR 10/05/2011 10:55



Quelle bonne idée de nous transporter au temps des gentils dinosaures ;-)) J'aime bien le Muséum d'Histoire Naturelle. Je me souviens y avoir vu le squelette d'un dinosaure extrêmement massif,
une sorte de quadrupède maousse-costaud, avec des os des pattes énormes !! Une sorte d'ours qui devait être redoutable de puissance... Je ne sais plus s'il était un gentil herbivore ou un
carnivore redoutable... Je ne me souviens pas de son nom non plus. Tant pis ;-)) Bises !



Stéphanie MAYADE 11/05/2011 20:40



On dirait que ta mémoire à long terme te joue des tours...


 


Pour ce qui est du squelette de dinosaure, je suppose que s'il avait quatre pattes énormes, c'était un herbivore, parce que les carnivores avaient des pattes avant
beaucoup plus courtes que les pattes arrière. Un peu comme les lapins (je comprends que la comparaison puisse paraître osée, mais ne vous fiez jamais à l'air innocent d'un lapin).


 


Je me souviens d'avoir vu un squelette de diplodocus au Cabinet de paléontologie du Museum, ainsi que celui d'un tyrannosaure. Et un oeuf de ptérodactyle (mais tu
n'es pas assez amnésique pour confondre un oeuf de ptérodactyle avec un quadrupède, du moins je l'espère).



Louvre-passion 09/05/2011 21:17



Par rapport à réponse - Stéphanie - pourquoi avoir appelé votre blog "les musardises de Sushi" ???



Sushi 11/05/2011 22:45



Ah, mais où est passée la réponse que j'avais rédigée ? J'ai dû oublier de la valider, j'imagine (un jour je vous raconterai comment j'ai perdu ma carte d'auditeur
de l'Ecole du Louvre en moins de 5mn. Quoiqu'il n'y ait pas grand-chose à raconter, en fait. On m'a donné ma carte et moins de 5 mn après, je ne l'avais plus).


 


Alors je réponds pour la seconde fois - et, espérons-le, la dernière - en même temps, c'est bien fait pour moi, je n'avais qu'à faire attention à ce que je faisais.
Donc, je pense que cette réponse va se montrer assez décevante (cela dit, si je la réécris plusieurs fois et que j'ajoute des commentaires régulièrement, ça va devenir un roman à tiroirs). Je
cherchais donc un nom qui soit joli et en rapport avec les musées, mais Musardises était déjà pris par un site ou un autre blog, je ne sais plus. Je ne voulais pas ajouter mon prénom
derrière (ça aurait sonné de façon assez moche) et j'utilisais Sushi comme pseudo sur le Net depuis assez longtemps. Et j'en ai vite eu marre de chercher un titre (je ne suis pas très douée pour
les titres, celui de mon mémoire de Maîtrise est vraiment très mauvais. Quoique ce soit plutôt la faute de ma directrice de mémoire, en fait). Donc, voilà. J'avais prévenu que ce ne serait pas
palpitant ; l'histoire de la carte de l'Ecole du Louvre est encore plus intéressante, finalement. C'est dire).


 


Bref, j'ai l'impression d'être Perceval en train de raconter une histoire dans Kaamelott...



Richard LEJEUNE 09/05/2011 13:27



Merci Stéphanie pour cette réponse en forme de clin d'oeil.


J'ai beaucoup apprécié votre "précision", - un certain temps -, si chère à Fernand Raynaud.



Sushi 11/05/2011 22:27



N'ayons pas peur des mots, c'est en effet d'une précision quasi mathématique.



Richard LEJEUNE 09/05/2011 07:41



Non, Sushi, je ne suis pas plus versé en ce domaine que vous et j'esomptais précisément bénéficier de vos lumières, suite à votre visite.


Mais puisque vous me priez de ne pas vous interroger ...


 


Comme, Louvre-passion, je n'adhère pas à la théorie de la météorite et surtout pas à une extinction subite : je préfère me cantonner à celle de la dérive des continents (que j'évoquai dans mon
précédent commentaire) qui transforma complètement  l'aspect de notre terre, fut à l'origine de très fortes "déviations" de plaques tectoniques, de fortes régressions marines aussi, de
conditions climatiques nouvelles pour ces animaux, partant, de transformations notoires de la flore et de la faune qui initialement servaient de nourriture journalière aux dinosaures.


J'ajouterai que, dans cette optique, l'extinction de tous ces animaux que jamais l'homme ne connut, n'en déplaise à certains cinéastes américains, prit effectivement quelques millions d'années
... 



Sushi 09/05/2011 12:50



Vous pouvez toujours m'interroger, mais si vous attendez une réponse intelligente, j'ai peur que grande soit votre déception !


 


Sinon, je suis tout à fait d'accord avec vous deux (Vincent et vous) : parler d'extinction subite ne veut rien dire à l'échelle de la Terre, et encore moins à
l'échelle de l'Homme. Il est possible que l'extinction des dinosaures ait été plus longue que le temps que l'Homme a passé sur Terre. La crise du Crétacé-Tertiaire elle-même a duré quelques 5
millions d'années. Donc, en supposant même que cette crise soit à l'origine de la disparition d'un certain nombre d'espèces (je ne vais pas continuer à polémiquer sur les dinosaures), on peut
raisonnablement dire que ça a pris, disons, un certain temps... Mais je crois qu'aucun scientifique  ne soutient la thèse d'une extinction soudaine des espèces.


 


PS : Vous pouvez m'appeler Stéphanie, qui est mon véritable prénom, mes parents n'ayant pas eu l'audace de m'appeler Sushi (heureusement pour moi, j'aurais eu l'air
fin).



Louvre-passion 08/05/2011 16:36



Oups, je voulais dire :


A côté avec nos trois petits millions d'années d'existence nous faisons figures de jeunots...



Sushi 09/05/2011 12:39



Il semblerait que nous ayons tous eu un peu de mal avec nos claviers, hier !



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